Revue de presse

Boris Johnson à la tête de la diplomatie à Londres, et c’est la risée générale

Alors que beaucoup le voyaient déjà «grillé», le si peu diplomatique ex-maire de Londres et grand meneur de la campagne sur le Brexit revient par la grande porte sur la scène politique britannique. Sensation en Grande-Bretagne… et dans les médias du monde entier

Du Foreign Office, c’est donc – sensation – le fantasque Boris Johnson qui prend les clés. La nomination de l’ancien maire de Londres et meneur du camp du Brexit pour le référendum du 23 juin dernier fait déjà pas mal jaser dans les chancelleries et les milieux diplomatiques, alors que beaucoup d’observateurs le voyaient déjà «grillé» après qu’il avait renoncé à briguer le poste suprême, à la tête des Tories. Ou «quand la Grande-Bretagne devient la risée du monde», pensent certains:

L’heureux élu le dit déjà: «Nous avons une énorme opportunité dans ce pays de faire de notre nouvelle relation avec l’Europe et avec le monde un grand succès», pense-t-il. La surprise est cependant «de taille», juge Le Figaro. «BoJo» voit ainsi «récompensée sa dévorante amibition politique, qu’il a toujours su marier avec une certaine habileté sous ses dehors de «clown», faisant les délices des tabloïds pour ses frasques et ses propos à l’emporte-pièce». Mais «cela choque beaucoup de gens à Westminster», fait sobrement remarquer le Financial Times. «Sorry world», renchérit le Daily Mirror.

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A voir les photos publiées par le Sun à Downing Street, il est déjà «très excité» à cette idée, selon le Guardian, qui résume aussi sa carrière par toutes les «gaffes internationales» de cet homme qui vit une vraie «renaissance» aux yeux du Wall Street Journal. Alors que l’Independent, The Atlantic, Slate Magazine, le Washington Post et Le Soir de Bruxelles ont tous choisi d’énumérer les leaders étrangers qu’il a déjà «insultés» et les «casseroles» qu’il traîne derrière lui, ce politicien si «controversé» qui devient «soudain Top-Diplomat», selon l’expression d’un Spiegel passablement amusé par l’affaire.

«Toutefois, si le poste est prestigieux, poursuit «Le Figaro», et s’il représente un signal fort envoyé […] aux partisans du Brexit, Boris Johnson pourrait ne pas avoir une influence démesurée sur les futures négociations avec l’Union européenne. Les discussions du départ du Royaume-Uni sont dévolues à David Davis, député conservateur de la vieille école, qui remporte le portefeuille de ministre du Brexit. En outre, Liam Fox, ancien ministre de la Défense, et figure de l’aile droite du parti, devient ministre du Commerce international. Un poste très stratégique, car si le Brexit se matérialise, le Royaume-Uni va tout miser sur ses échanges mondiaux.» Sans compter sur le fait que la négociatrice en chef, au bout du compte, ce sera bien Theresa May.

En attendant, la Toile est «sous le choc»: Twitter s’enflamme, constate CNBC, et comme le résume aussi extrêmement bien la revue de presse «globale» qu’a effectuée la BBC. Est-ce que ce sera «le ministre des Affaires étrangères le plus détesté» de toute l’histoire britannique? se demande par exemple CNN. Et sur les réseaux sociaux, relève Le Huffington Post, «plusieurs personnalités (britanniques ou non) ont ainsi ironisé sur l'«humour anglais» de Theresa May, à l’image de l’ancien footballeur Gary Lineker ou de l’ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt», qui semble avoir lu le «Daily Telegraph» en écarquillant les yeux:

«Car Boris Johnson a toujours préféré sacrifier la diplomatie pour un bon mot.» France Inter cite quelques cas historiques: «Quand il compare, en pleine campagne référendaire pour le Brexit, les buts de l’UE avec les visées d’Adolf Hitler et de Napoléon, quand il compare Hillary Clinton à «une infirmière sadique dans un asile d’aliénés» ou Barack Obama, qu’il décrit «en partie kényan», ce qui explique, selon Boris Johnson, son «aversion ancestrale de l’empire britannique»…»

En Allemagne, Die Welt voit dans cette accession de «BoJo» à de hautes responsabilités une manœuvre de Theresa May pour dire à ses électeurs: «Vous avez voulu le Brexit, eh bien vous l’aurez! Nous avons choisi quelqu’un qui est entièrement pour!» Et à son ministre: «Débrouille-toi maintenant pour faire passer la pilule lors de tes rencontres internationales.»

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