éditorial

Les bornes de l’UDC

L’UDC est incapable d’exercer la moindre influence sur les questions de démocratie et de gouvernance

Que l’on évoque l’asile, l’Europe, l’UDC a réussi à ce point à faire infuser ses idées et ses réflexes que l’on s’étonne à peine de l’acceptation de la révision de la loi sur l’asile par près de 80% des citoyennes et citoyens.

Il est en revanche plus surprenant de constater combien, sortie de ses préoccupations monothématiques, la formation de Christoph Blocher est incapable d’exercer la moindre influence sur les questions de démocratie et de gouvernance. Venant après l’échec de son initiative pour la naturalisation des étrangers ou celle pour ratifier les traités internationaux par les urnes, la votation de ce dimanche pour l’élection au scrutin universel du Conseil fédéral vient de le confirmer.

L’UDC n’a pas convaincu que sa proposition était autre chose qu’une revanche sur l’éjection de Christoph Blocher du Conseil fédéral. C’est une défaite, mais pas de celles qui remettent en cause l’identité et la ligne idéologique. C’est une défaite qui recadre le pouvoir supposé de Christoph Blocher et de ses amis, qui limite la crédibilité de la droite nationaliste, sortie de son champ clos.

Comme parti populiste, l’UDC échoue à faire partager aux Suisses son discours et sa dialectique hostiles aux institutions et au système parlementaire. L’idée selon laquelle le parlement, peuplé d’une classe politique douteuse, et le Conseil fédéral ne seraient pas représentatifs du vrai peuple ne prend pas.

Les Suisses ont confiance en leurs institutions. Ils peuvent bien critiquer leur absence d’anticipation et leurs difficultés à gérer les crises, il n’en reste pas moins que les sept conseillers fédéraux sont les femmes et hommes politiques les plus populaires du pays.

Pourquoi faudrait-il encore une légitimité supplémentaire par les urnes? Le système actuel, dans un environnement mondial de dépression et de crises, continue à assurer au pays prospérité et sécurité. Pourquoi en changer, disent électrices et électeurs, au risque de démonter une fine mécanique?

Ce qui doit aujourd’hui nous inquiéter, ce sont les déclarations de Simonetta Sommaruga, qui estime que désormais la question des réformes du gouvernement est close. Comme si l’actuelle gestion de la crise bancaire et fiscale par le Conseil fédéral avait de quoi nous rassurer.

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