Enfin. Après l’échec d’un premier concordat en 1994, un deuxième capotage en 2006 autour de la péréquation financière, les ministres cantonaux de la formation conçoivent un cadre pour les bourses d’études. Présenté jeudi après consultation, le texte ne règle pas tous les problèmes. Il suscite néanmoins un vif débat entre les cantons, laissant planer une incertitude sur le nombre de parlements qui l’accepteront.

La situation des bourses d’études a pourtant atteint un niveau d’absurdité tel que même les responsables de cet état de fait l’admettent.

Montants des aides souvent pingres, 26 systèmes de critères pour recevoir ou non une bourse, articulation souvent hypocrite avec les revenus des petits boulots, qu’il vaut mieux ne pas déclarer: au fil des renvois entre la Confédération et les cantons, le pays est passé de la fantaisie fédéraliste à l’indécence. Pire, les appuis publics baissent au moment où les hautes écoles, encouragées à gagner des étudiants, connaissent leur boom: de 1997 à 2005, les dépenses ont chuté de 10% alors que les effectifs grimpaient de 19%. Avec des disparités considérables, la proportion de boursiers variant du simple au quadruple selon les cantons. Comme si des régions avaient, en toute objectivité réglementaire, quatre fois moins de jeunes assez doués pour gagner une haute école…

Le premier avantage du concordat est d’inverser la tendance financière. Au moyen de montants standards et, par conséquent, d’une hausse globale des budgets, l’accord devrait, dans certains cantons, susciter un débat sur l’égalité des chances au seuil des cursus supérieurs. A l’heure des plans de relance axés sur l’emploi, ce sujet a son importance. Le deuxième mérite est de réduire les différences cantonales. Le troisième atout est plus politique: à travers sa ratification, ou non, le texte poussera les cantons à définir leur position quant à l’importance qu’ils accordent aux formations tertiaires. Ce qui ne sera pas sans intérêt pour les futures discussions sur le paysage national des hautes écoles.