Déception. Alors que mercredi plusieurs pistes de soutien à la Grèce se dessinaient, le sommet européen d’hier n’a accouché que d’un message général. Les pays membres de la zone euro se sont seulement engagés à prendre des mesures «si nécessaire». Tout au plus comprend-on qu’Athènes se trouve mis sous une surveillance renforcée. Pour le détail, il faudra patienter jusqu’au début de la semaine prochaine. Sur les marchés financiers, la pression est revenue après deux jours de détente.

Le sommet a manqué une bonne occasion de regonfler la crédibilité de la zone euro. Pour le moment, l’Union européenne marche sur une seule jambe, celle de la politique monétaire. Bien sûr, Bruxelles mène une active politique de la concurrence, et du commerce. Côté budgétaire, il n’y a cependant guère que la politique agricole… Pour le reste, le Traité de Maastricht fournit seulement un cadre comptable, peu respecté. En outre, les Etats ne coordonnent pas leurs actions, comme l’ont montré leurs plans de relance disparates mis sur pied face à la crise.

Il a fallu quelque trente années pour aboutir à la naissance d’une monnaie unique. Gageons qu’il en faudra bien autant pour que les Etats membres de l’UE se dotent d’un vrai budget. On comprend que les Allemands, qui viennent de renoncer au Deutsche Mark, s’opposent aujourd’hui à la perte de leur autonomie budgétaire. D’autant que leur solidité économique les place comme véritable maître du jeu.

La crédibilité à long terme de la zone euro passe pourtant par une solidarité plus affirmée et la conduite d’une véritable politique économique.

Hier, la zone euro a obtenu un répit. Cependant, le bras de fer avec les marchés financiers pourrait vite reprendre si les engagements ne sont pas perçus comme crédibles. Or c’est un luxe que les Européens ne peuvent se permettre. Ils ont besoin de 2200 milliards d’euros pour financer cette année leurs déficits. Chaque petite hausse de taux renchérit leur endettement à coups de centaines de millions.