Festivals en mémoire 

Bregenz et sa fabuleuse scène flottante sur le lac de Constance

De la musique sur l’eau: c’est l’atout de ce festival depuis 70 ans. Tous les mercredis de l’été, notre chroniqueur revient sur quelques grands moments des festivals, en relisant les articles du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne»

Chaque été depuis 1946, le Festival de Bregenz, ville autrichienne à quelques encablures de la Suisse et de l’Allemagne, fait rayonner loin à la ronde les représentations lyriques qui se donnent sur sa plate-forme qui flotte sur le lac de Constance. C’est une des scènes les plus vastes du monde, avec des gradins sur la terre ferme qui peuvent accueillir près de 7000 spectateurs. Et où l’on a notamment pu s’encanailler sur les rythmes de West Side Story il y a une douzaine d’années.

L’ouverture à un large public est une tradition de cette «ravissante cité des bords du Bodan», comme le dit Franz Walter, le critique musical du Journal de Genève, le 5 septembre 1962. Une tradition longue – 70 ans – nourrie comme à Salzbourg «par l’esprit viennois et un léger souffle italien». Mais au contraire de sa cousine autrichienne, «sagement, Bregenz a renoncé à la spécialisation mozartienne» pour se concentrer sur l’opérette. «Une formule qui pourrait paraître banale, mais dont au contraire on doit louer l’originalité», et Walter avoue: «Je ne sache pas que d’autres festivals s’en soient fait une spécialité.»

«Une forme populaire, certes; et c’est d’ailleurs bien sur ce plan populaire que Bregenz a axé l’idée maîtresse de son Festival en construisant cet étonnant théâtre sur le lac», d’une stupéfiante beauté les longs soirs d’été. Les spectacles qui s’y donnent, écrit encore le critique, «opérettes ou ballets dans de somptueuses mises en scène» font appel «à une véritable armée de figurants» et recourent «à tous les prestiges de la technique des jeux d’eau et des feux d’artifice».

Conclusion du Journal: «Pour l’amateur de festivals qui, de Lucerne, voudrait se rendre à Salzbourg, Munich ou Bayreuth, Brégence peut constituer une fort agréable étape de détente.» Comme périple lyrique, c’est encore valable aujourd’hui.

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