Chronique

Le Brexit et l'accord-cadre en Suisse

OPINION. Dernière péripétie de la semaine: les députés britanniques ont sèchement refusé les accords du Brexit âprement négociés avec l’UE par Theresa May. En Suisse, toutes proportions gardées, les blocages sur l’accord institutionnel sont de même nature, analyse notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

La Grande-Bretagne est abonnée aux dames de fer! On peut aimer ou non Theresa May, mais son courage, son entêtement et sa capacité à avaler les couleuvres sont exceptionnels. Elle ne plie ni ne rompt, pour l’instant du moins, même si son état d’épuisement commence à transparaître, largement relevé par des commentateurs peu amènes. Vu d’ici, on se demande comment les Britanniques ont pu arriver dans cet état cacophonique à deux semaines de leur sortie effective de l’UE. La raison en est simple, et il ne faut pas l’imputer à l’UE, c’est que le référendum sur la sortie l’Union européenne n’a pas suivi ce long processus qu’il aurait dû vivre s’il s’était passé en Suisse: en moyenne quatre ans entre la constitution d’un comité d’initiative et le vote du peuple. Et pour cause puisque, en Angleterre, le référendum est venu du haut et non du bas, proposé à un peuple par son gouvernement et non à un gouvernement par son peuple. Cela change tout!

Pas de leçon à donner à l’Angleterre

Faute de cette maturation lente mais sage, la Grande-Bretagne a été prise au dépourvu. Le vote ayant été serré (51,9%) et le sujet revêtant une importance cruciale pour le pays, c’est dans une situation de profonde crise intérieure que la première ministre a dû négocier avec ses interlocuteurs européens, forcément peu disposés aux concessions après le camouflet qui leur fut infligé par le peuple britannique.