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Marine Le Pen. 

Revue de presse

Brexit: Marine Le Pen «persona non grata» au Royaume-Uni

La présidente du Front national se fait moucher par les partisans de la sortie de l’UE outre-Manche. Ses positions trop extrémistes, et opportunistes, desserviraient la cause, estiment-ils

Fidèle à sa ligne, Marine Le Pen avait déjà plaidé ce samedi lors d’une visite en Roumanie pour que chaque pays puisse, comme le Royaume-Uni, décider s’il veut ou non rester dans l’Union européenne. Seulement voilà, les partisans du Brexit, soumis en référendum populaire le 23 juin prochain, ne l’entendent pas de cette oreille. En cherchant l’accord de la ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, ils ont demandé que la présidente du Front national (FN) soit purement et simplement interdite d’entrée outre-Manche. Cela figure dans une lettre officielle envoyée par la députée travailliste coresponsable de Vote Leave Gisela Stuart, révélée dimanche par la BBC. C’est «l’arroseur arrosé», résume Marianne.

La politicienne française avait en effet prévu une visite à Londres au mois de mai, où il n’est pas passé inaperçu qu’elle avait «tenu dans le passé nombre de propos clivants et incendiaires, notamment en comparant les musulmans priant dans la rue à l’occupation nazie en France». Mais même le chef du parti europhobe et anti-immigration Ukip, Nigel Farage, a déclaré sur Sky News qu’il ne pensait pas qu’une intervention de Marine Le Pen serait utile à la campagne, quoiqu’il soit opposé à ce qu’elle en soit interdite d’accès, comme l’explique l’Independent.

Interrogé par l’AFP, le numéro deux du Front national, Florian Philippot, en a ajouté une couche en déclarant que le Royaume-Uni était «un Etat de droit et une démocratie avancée»; «une Française, de surcroît élue», devrait selon lui pouvoir «y circuler librement». Surtout qu’elle «s’est défendue de vouloir y faire de «l’ingérence», contrairement à Obama», lit-on dans Le Matin. Dont un internaute, soit dit en passant, pense que «c’est compréhensible: les Anglais favorables au Brexit n’ont pas envie de voir un parti étranger qui traîne l’antisémitisme de son fondateur comme une casserole, venir pourrir leur campagne».

Lire aussi: Barack Obama bouscule la campagne du Brexit

La ministre Theresa May, fine mouche, a répondu que le fait qu’on lui «écrive pour empêcher quelqu’un d’entrer dans le pays suggère que nous contrôlons bien nos frontières», allusion «à l’un des principaux arguments des partisans d’une sortie de l’UE», «la reprise du contrôle des frontières et de l’immigration», précisément. Donc, pour tout le monde, dans le fond, c’est: «Le soutien de Marine Le Pen? Non merci», comme le résume Courrier international.

Le Financial Times, par exemple, juge «que le Front national considère le référendum britannique […] comme un exemple à suivre»: «Le parti a saisi l’occasion du débat au Royaume-Uni pour pousser son propre projet, c’est-à-dire renégocier l’appartenance de la France à l’UE.» C’est ce qu’on appelle de l’opportunisme, puisque Marine Le Pen «a promis d’organiser un référendum sur une sortie» de la France de l’UE si par hasard elle parvenait à l’Elysée. «Le FN se nourrit de l’Europe pour mieux la décrier», selon l’expression si juste du Monde.

Le Parisien fait remarquer pour sa part que la présidente du FN a ensuite ironisé sur France 2 en disant qu’elle pardonnait «beaucoup» à Gisela Stuart, l’auteure de la fameuse lettre au Home Department britannique, «parce qu’elle est pour la sortie de l’Union européenne», parce qu'«elle est contre l’Union européenne». «Mais enfin», déplore-t-elle, «elle reste une socialiste. Les socialistes ont toujours eu un léger problème avec la démocratie.» Et le Daily Mirror en a également un avec les partisans du Brexit, qui sont divisés sur l’accueil d’une frontiste soupçonnée d’ingérence.

«Le Pingouin, Catwoman et le Joker»

Albion n’en est pas moins perfide. Même le secrétaire d’Etat à la Justice, Michael Gove, «une des rares pointures conservatrices à soutenir la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne», s’énerve avec cette histoire, indique Marianne. Récemment, il parlait d'«une alliance entre Vladimir Poutine, Marine Le Pen et Donald Trump, encouragés par nos faiblesses, qui sont – à l’instar du Pingouin, Catwoman et le Joker – prêts à répandre le chaos à travers le monde et détruire notre démocratie».

Avec plus de distance, L’Obs a bien remarqué, lui, que «la stature internationale que Marine Le Pen cherche à obtenir depuis plusieurs mois a bien du mal à prendre forme». Après le Québec, où la classe politique lui avait réservé un accueil plus que frileux – un vrai fiasco – «le Royaume-Uni semble à son tour compliquer les ambitions internationales du FN». Alors, si celui-ci «veut profiter de l’aubaine du Brexit», c’est raté, comme l’écrivent Les Echos.

Recherche stature internationale

Ces derniers pensent que les frontistes tentent de «rassurer et de jouer sur la corde de la souveraineté, plaidant le retour à la souveraineté territoriale (en sortant de l’espace Schengen), monétaire, budgétaire et législative». […] La présidente du FN comptait bien sur la campagne en Grande-Bretagne pour remettre en avant le sujet et essayer d’imposer ce débat […] qu’elle a tant de mal à faire monter de ce côté-ci de la Manche, […] plus que jamais en quête d’occasions pour tenter de soigner sa stature à l’international.»

Quant au site Boulevard Voltaire, il n’a pas non plus raté l’occasion, en écrivant au vitriol que «pour prendre l’Eurostar, la présidente du plus important groupe politique français du Parlement européen devra […] donc camper des mois durant dans la jungle de Calais afin d’attendre le bon vouloir des Anglais». Il y met tout de même un point d’interrogation, mais on voit bien que sa conviction est faite.

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