Revue de presse

Brexit: nouvelle journée couperet pour Theresa May à Westminster

La première ministre britannique redescend dans l’arène de la Chambre des communes ce lundi pour y présenter son plan B. Si elle en a un. Mais il semble qu’il ne faille encore pas trop compter sur une résolution des conflits politiques sur la sortie de l’UE. Les médias parlent même de complot contre Downing Street

Ironie de l’histoire… Margaret Thatcher, en 1990, «après avoir remporté un vote décisif, avait néanmoins quitté son poste, estimant le résultat insuffisant». Theresa May [Тереза Мей, dans le texte], elle, «a subi un échec cuisant, mais n’a pas démissionné alors que cela aurait dû être la conséquence de cette humiliation», aux yeux du portail libéral-conservateur bulgare Club Z.


Quelques éléments d’une saga sans fin:


Alors, après avoir échappé à la motion de censure mercredi passé, la première ministre britannique présente donc ce lundi son plan B pour le Brexit aux députés de la Chambre des communes qui ont massivement rejeté la semaine dernière l’accord de divorce qu’elle avait difficilement négocié avec l’Union européenne. Pour Downing Street comme pour Bruxelles, cet accord issu de longues négociations demeure le seul et le meilleur possible.

Corbyn intraitable et empêtré dans son rôle

A Londres, la cheffe du gouvernement a ainsi engagé la semaine dernière des discussions laborieuses avec l’opposition pour tenter de sortir de la crise. Mais cette initiative a davantage mis en lumière les désaccords profonds qui existent entre la dirigeante conservatrice et les autres formations qu’elle n’a permis de trouver des solutions. Empêtré dans ses contradictions, le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, a notamment conditionné sa participation à des pourparlers à l’exclusion d’un scénario «no deal» – une condition que Theresa May a rejetée.

Du coup, «tant la cheffe du gouvernement que le leader de l’opposition font l’objet de vives critiques» dans les médias qu’a lus et traduits le site Eurotopics. «Interrogé au parlement sur sa propre position sur le Brexit en cas de nouvelles élections, la seule réponse» de l’éternel indécis qu’est le chef du Labour «a été de s’en remettre à la décision du parti, selon la Tageszeitung de Berlin […]. Un changement politique par les urnes n’est donc pas pour demain. Or sans ce changement, Theresa May restera à son poste, une première ministre qui s’est montrée jusqu’ici inébranlable dans sa diligence consciencieuse à traduire dans les faits le vote du Brexit.»

Terrée tout le week-end à la campagne

Mais dans le fond, ce fameux plan B, Theresa May en a-t-elle un? Libération en doute. Un signe? «La première ministre s’est terrée tout le week-end dans sa résidence de campagne de Chequers, où elle a eu des entretiens téléphoniques avec les ministres de son cabinet, eux-mêmes extrêmement divisés», sur cette prochaine et imminente étape. «En fait, tout laisse penser qu’elle n’a pas l’intention de modifier fondamentalement sa position. Ce qui risque de provoquer de nouveaux drames pour cette énième semaine cruciale.»

A ce stade proche du non-retour, les Britanniques auraient besoin d’un responsable politique apte à réaliser des miracles, estime pour sa part le quotidien hongrois proche du gouvernement populiste de Viktor Orban Magyar Hírlap. «Mais pour le moment, ils ont seulement Theresa May et […] Jeremy Corbyn. […] La crise est générale au niveau de l’élite du pays. […] Le Brexit est plébiscité dans les urnes par la majorité de la population, mais pas par une majorité au parlement… Un bon leader fait cruellement défaut.»

La charrue à chiens des deux Irlandes

Concrètement, le parlement achoppe toujours sur un point précis, que décrit Le Monde: quel que soit le plan B, «les Européens vont continuer d’exiger un backstop, une assurance contre le retour d’une frontière physique en Irlande. Car même si la première ministre […] réclame que son pays reste dans l’Union douanière, cette assurance restera nécessaire: […] l’entrée dans le marché unique nécessitera des vérifications phytosanitaires, a minima, afin de s’assurer que les marchandises provenant d’Irlande du Nord et pénétrant en République d’Irlande respectent les règles européennes.»

«Pour éviter ces contrôles, l’UE continuera d’exiger un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur l’UE, au moins pour les biens industriels et les produits agricoles et agroalimentaires, poursuit le quotidien français. Mais le casse-tête s’aggrave alors, puisque «ce qui semble émerger, c’est que si Theresa May avait proposé un soft Brexit, c’est-à-dire rester au sein de l’Union douanière», elle aurait pu «avoir une majorité au parlement».

«Au bord de l’hystérie»

Seulement voilà, son propre parti en serait ressorti encore plus divisé qu’actuellement. «Ce n’est donc plus une option», explique la RTBF. Elle pourrait alors proposer de supprimer cette clause qui déplaît tant, pour la remplacer par un accord bilatéral avec le gouvernement irlandais, selon le Sunday Times. Journal qui a aussi révélé dimanche que «des députés conservateurs et travaillistes, que tout oppose, collaborent pour interdire au gouvernement de diriger le pays vers un no deal». Ce qui fait dire à L’Opinion que «la classe politique britannique [est] au bord de l’hystérie».

Le cabinet de la première ministre a d’ailleurs jugé dimanche «extrêmement inquiétants» ces supposés complots ourdis par des parlementaires en vue de lui retirer la conduite du Brexit dans la semaine qui s’ouvre. Ces députés compteraient déposer des amendements concernant le fonctionnement de la Chambre des communes afin de contrecarrer Downing Street sur la sortie de l’Union. Ce lundi à Westminster nous réserve peut-être encore des surprises.


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