La course menant au référendum du 23 juin prochain où les Britanniques décideront s’ils veulent encore faire partie de l’Union européenne est maintenant lancée. Les dirigeants des institutions européennes, Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Martin Schulz, respectivement président de la Commission, du Conseil et du Parlement, n’y participeront pas par peur de créer un effet boomerang. Mais visiblement, la Suisse a aussi été interdite de campagne. Evoquer l’exception suisse pourrait jouer en faveur du camp du Brexit, c’est-à-dire de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.  

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Tout laisse croire que Berne a été priée de se taire sur le dossier bilatéral, histoire de ne pas influencer le débat anglais. Les portes de la Commission sont en effet fermées à nos négociateurs jusqu’au référendum. Elles seront de nouveau ouvertes le 24 juin et les diplomates européens laissent même miroiter un accord pour sortir du difficile l’imbroglio créé par l’acceptation de l’initiative populaire pour restreindre l’immigration européenne en Suisse.

La Suisse, pays idéal pour Nigel Farage

La Suisse sera pourtant et malgré elle bel et bien présente dans la campagne britannique. Nigel Farage, le chef de l’UKIP, parti eurosceptique et souverainiste, se délecte lorsqu’il en parle. Le pays alpin est son idéal. Il le connaît bien. Il a été l’hôte de l’UDC, tout aussi eurosceptique que lui, à plusieurs reprises. Il ne manque d’ailleurs pas, comme la française Marine Le Pen, patronne du Front national, à applaudir bruyamment chaque fois que l’UDC remporte une initiative sur l’immigration.

En gros, Nigel Farage demande à ses concitoyens de suivre l’exemple suisse, de négocier des accords bilatéraux avec l’Union européenne pour pouvoir profiter du marché unique. Le politicien rusé ne dit évidemment pas que les relations Suisse-UE sont gérées par 120 accords distincts et que l’UE n’en veut plus de cette foultitude. Il ne relève non plus pas que la Suisse négocie un accord sur l’électricité depuis huit ans et qu'elle est toujours loin du compte.

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Nigel Farage pense que la Suisse, petit pays de huit millions d’habitants a réussi à négocier de nombreux accords de libre-échange avec des pays tiers, y compris la Chine. Le Royaume-Uni, 66 millions, devrait, selon lui, pouvoir faire beaucoup plus! Le souverainiste ne dit pas non plus comment son pays seul pourrait défendre ses intérêts face à des géants économiques comme la Chine ou dans des débats comme sur le climat dans des forums internationaux.

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