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Matériel promotionnel des pro-Brexit, Londres, février 2016.
© NEIL HALL

Chronique

Brexit, un scénario du pire

Que se passerait-il si le Sommet européen de cette fin de semaine n’arrive pas à un accord sur les revendications anglaises pour rester au sein de l’Union? Réflexions durant un sommet européen crucial

Il y a trois ans, lorsque David Cameron avait brandi la menace du Brexit, c’est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), Herman Van Rompuy, alors président du Conseil européen, avait déclaré que «les portes sont faites autant pour entrer que pour sortir». Cette phrase piquante n’était pas restée sans conséquence. En 2014, le premier ministre britannique l'avait fait patienter une heure dans la salle d’attente au 10, Downing Street à Londres. Une humiliation diplomatique pure.

Herman Van Rompuy pensait sans doute que le Royaume-Uni, cette «Nation of shopkeepers» – une expression formulée par le révolutionnaire français Bertrand Barère de Vieuzav en 1794 et reprise plus tard par Napoléon – voulait le beurre et l’argent du beurre.

Au fait, que se passerait-il si le Sommet européen de cette fin de semaine n’arrive pas à un accord sur les revendications anglaises pour rester au sein de l’Union, et si le camp favorable au Brexit l’emporte dans le référendum promis par David Cameron? Les experts penchent déjà sur les conséquences. Mais dans l’immédiat, quelques-unes apparaissent évidentes.

Un millier de fonctionnaires licenciés

Plus d’un millier de fonctionnaires européens ressortissants du Royaume-Uni et basés à Bruxelles devront faire leurs valises. L’UE devra rapidement ajuster son budget et faire sans la manne britannique. Londres est l’un des principaux contributeurs aux fonds européens. Ce sera aussi le coup d’arrêt pour les projets britanniques financés par l’UE.

Le Royaume-Uni voudra sans doute pouvoir continuer à participer au Marché unique. Il devra donc négocier des accords bilatéraux avec l’UE. Si la Suisse devait servir d’exemple, il faut savoir que 120 accords dans divers domaines lient Berne et Bruxelles et que la négociation n’est pas toujours facile. La Suisse et l’UE négocient un accord sur l’électricité depuis huit ans et elles ne sont pas toujours près d’arriver au but.

De la même façon, Londres devra négocier de nombreux accords internationaux en son nom, notamment les accords commerciaux de libre-échange ou sur le climat.

Sécession et éclatement de l’UE?

Le Royaume-Uni pourrait lui-même être confronté à un problème de sécession. L’Ecosse pourrait remettre la question de son indépendance sur le tapis afin de rester au sein de l’Europe.

A plus long terme, ce sera encore plus compliqué. Le Brexit confortera ceux qui contestent le rôle centralisateur de Bruxelles et par conséquent, consolidera le front des souverainistes. Les Vingt-Huit pourraient imploser en petits groupes de pays. De tels groupes partageant des intérêts communs font déjà partie du paysage, à l’instar du Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne). Les pays scandinaves ont leur propre spécificité et se concertent déjà dans de nombreux sujets. Les six pays fondateurs (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg) feraient un autre noyau et pourraient être rejoints par d’autres pays comme l’Espagne et le Portugal.

En revanche, tous les pays seraient réunis sur la question de la sécurité et la défense sous le parapluie de l’Alliance atlantique.

Lire aussi: Ballet diplomatique intense pour éviter le Brexit

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