Éditorial

Les BRICS se distinguent

En marge du sommet du G20, les grands émergents ont annoncé deux initiatives inédites

La crise syrienne s’est imposée au programme du G20 ces 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg. Même s’il s’agit d’un forum économique, il eût été ridicule d’esquiver ce sujet grave alors que les dirigeants mondiaux étaient réunis autour d’une même table. On retiendra que les fronts n’ont pas bougé et, comme l’a dit l’hôte russe, chaque camp est resté l’arme au pied.

Les tensions autour de la Syrie n’ont pourtant pas éclipsé un autre sommet, en marge de celui du G20, celui des pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Au-delà des images de la rencontre qui sont passées en boucle sur les écrans géants du centre de presse, c’était bel et bien un événement majeur à Saint-Pétersbourg.

De quoi s’agit-il au fait? Ces Etats, mais aussi d’autres pays émergents, éprouvent une volatilité excessive de leur monnaie respective. La roupie indienne, par exemple, a perdu 25% de sa valeur depuis le début de l’année. C’est dans ce contexte que le groupe a annoncé la création d’un fonds de 100 milliards de dollars pour venir en aide aux pays en cas de crise. Ce fonds leur permet avant tout d’agir de façon autonome. Cela ne signifie pas que les BRICS coupent les ponts avec le Fonds monétaire international (FMI) dont la tâche est justement d’intervenir en cas de difficultés liées aux fluctuations brutales des taux de change. S’agissant des pouvoirs du FMI, ils continuent à réclamer des réformes afin que les décisions ne restent pas concentrées dans les mains des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon.

Les BRICS ont confirmé un autre projet, et pas le moindre: la création d’une banque de développement pour financer des projets d’infrastructures dans les zones démunies. Elle sera basée en Afrique du Sud. Le capital initial de 50 milliards de dollars est léger. Mais c’est un premier pas qui pourrait changer la façon de pratiquer la coopération internationale.

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