Charivari 

Le bruit des autres, ennemi public numéro un

OPINION. Dans le train, le tram ou l’avion, impossible d’échapper aux nuisances sonores des voisins. Intervenir ou non: telle est la question!

Une mère s’insurge. A Zurich, un chauffeur de bus l’a invitée à gifler son fils qui «faisait le fou et était turbulent», raconte le journal 20 minutes. La direction des transports publics zurichois donne une autre version de la situation, mais peu importe, au fond. Le fait est que, chaque fois que l’on se trouve dans l’espace public, à plus forte raison un lieu dont on ne peut pas sortir à volonté, type train, tram ou avion, on est exposé au bruit des autres et l’on vit souvent cette intrusion comme une malédiction.

Et au resto? Voici l’histoire d’un cauchemar en salle

Il y a les bruits plats, sans plus-value émotionnelle, comme la musique d’un smartphone qui s’échappe des écouteurs ou des conversations qui, en termes de volume, prennent l’ascenseur. Et il y a les bruits chargés, qui touchent au cœur. Cette jeune fille, par exemple, qui s’est séparée de son ami au téléphone entre Lausanne et Genève, jeudi dernier. Ou les bébés et petits enfants dont, me disait un ami médecin, les pleurs sont conçus pour agresser les oreilles autant qu’un Boeing au décollage, de sorte à assurer la survie de l’espèce. A froid, l’explication suscite l’admiration: on se dit que l’être humain est décidément une magnifique mécanique de précision. Mais quand on vit l’assaut à 50 centimètres, on imagine le pire en termes de «survie de l’espèce»…

Contrôle social…

Alors, justement. Comment réagir à l’agression sonore, telle est la cruciale question. Grande discussion à ce sujet avec deux amies, samedi. L’une penche du côté de l’intervention. On peut, dit-elle, demander très gentiment à une personne en train de téléphoner de terminer sa conversation ou, en tout cas, de baisser le ton. Pour les pleurs d’un enfant, c’est plus compliqué, mais c’est plus rare aussi. Généralement, chacun est censé respecter le fameux adage «la liberté de l’un se termine là où commence celle de l’autre», et «ne pas intervenir lorsqu’il y a abus, c’est se montrer lâche en matière de contrôle social», conclut-elle.

… vs méditation

L’autre amie a une tout autre opinion. «Intervenir, c’est ajouter de la tension à la tension. C’est se soucier inutilement d’un non-événement sur lequel on a de toute façon peu d’impact, puisque l’interlocuteur n’est pas un proche et qu’on ne peut pas l’éduquer.» Son truc à elle? «Je me concentre sur quelque chose que j’aime pour m’extraire de la situation. Et si le bruit est trop fort, je me mets dans la peau de cette personne et j’essaie de comprendre pourquoi elle se manifeste ainsi.» Bel exercice d’empathie. Absorber l’agression pour mieux la neutraliser, le conseil rappelle aussi les arts martiaux japonais. Qu’en est-il de vous? Intervention ou respiration, que faites-vous quand un bruit vous scie?


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