A l’occasion du 50e anniversaire du pays, le gouvernement burundais a fait savoir qu’il souhaitait récupérer la dépouille du roi Mwambutsa IV enterré dans le ­cimetière de Meyrin. Mais l’affaire n’est pas close, car la famille est divisée. En dernier ressort, c’est au canton de Genève de trancher. Le roi était venu en Suisse en 1965 pour se faire soigner et il n’était jamais reparti. En juillet 1966, il fut renversé et commença une période de violents troubles qui perdura des décennies. Il faut attendre 1993 pour que le président soit démocratiquement élu. Mais une centaine de jours après avoir pris le pouvoir, il est assassiné provoquant des affrontements sanglants entre factions Hutu et Tutsi. Deux cent mille Burundais périrent durant le conflit d’une douzaine d’années, et des centaines de milliers d’autres fuirent dans leur pays ou à l’étranger. La transition commencée en 2000 permit d’intégrer dans l’armée les forces rebelles et de promulguer une nouvelle Constitution et des élections libres et transparentes en 2005. 68% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

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