Editorial

Les caisses maladie, cet ennemi tout désigné

Depuis l’annonce jeudi dernier d’une nouvelle hausse des primes pour 2018, la gauche s’acharne sur son meilleur ennemi: les caisses maladie. Pointer uniquement les assureurs ne facilitera certainement pas les réformes

Pourquoi tant de haine? Depuis l’annonce jeudi dernier d’une nouvelle hausse des primes pour 2018, la gauche s’acharne sur son meilleur ennemi: les caisses maladie. Le duo composé des conseillers d’Etat vaudois et genevois Pierre-Yves Maillard et Mauro Poggia vient de lancer officiellement deux initiatives populaires les prenant pour cible directe.

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La première vise à permettre aux cantons de fixer eux-mêmes les primes. Les assureurs se verraient dès lors confier un rôle subsidiaire. A deux reprises, les citoyens suisses ont pourtant montré leur attachement au système actuel. Ils ont refusé l’idée d’une caisse unique, puis d’une caisse publique. Voudront-ils de cette troisième option, à savoir une sorte de caisse publique cantonale? L’idée a le mérite d’exister. Si elle est acceptée par le peuple, elle permettra surtout de tester une bonne fois pour toutes cette nouvelle organisation. Et de pouvoir comparer les résultats d’un canton à l’autre. Mais l’adhésion des citoyens alémaniques est loin d’être acquise pour constituer une majorité.

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La seconde initiative, lancée ce mardi, veut interdire aux parlementaires de siéger dans les organes d’administration, de direction ou de surveillance des caisses maladie. Il s’agit d’un contre-feu direct au lobbying exercé sous la Coupole par les assureurs. C’est vrai qu’ils y ont des représentants influents au sein même des commissions de la santé. Que par leur intermédiaire, ils parviennent à s’immiscer dans le débat politique. Faut-il pour autant en appeler au peuple pour mettre de l’ordre dans la maison?

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L’idée a deux défauts majeurs. Le parlement grouille de lobbyistes. Que les élus aient des liens d’intérêts est admis dès lors qu’il s’agit d’une fonction de milice et que la transparence est la plus complète possible. L’agriculture, l’industrie du tabac, l’armée, le loup, les voitures 4x4, les barrages, les peaux de serpent ont ainsi leurs défenseurs ou leurs détracteurs, proches des milieux directement concernés.

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Dans le domaine de la santé, les différents acteurs se bousculent au portillon du Palais fédéral. Les hôpitaux, les cantons, la pharma, les médecins: tous peuvent s’y mettre pour décider de ne rien décider. Pointer uniquement les assureurs, comme le fait l’initiative, ne facilitera certainement pas les réformes. Surtout, elle ne répond pas à la question que se posent les assurés: comment maîtriser les coûts de la santé pour que les primes soient financièrement supportables?

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