Le navire qui bloquait le canal de Suez a été remis à flot, au soulagement des habitants de toute la région. Pour y parvenir, de nombreux marins et ouvriers ont travaillé d’arrache-pied et les autorités locales se sont engagées avec force. On peut espérer que la parabole s’appliquera au dossier Suisse-UE. Bloqué depuis deux ans, il empêche le développement d’importants partenariats: mise à jour des obstacles techniques au commerce (dans le cadre de l’Accord de reconnaissance mutuelle ARM), participation au programme de recherche Horizon Europe et au programme Erasmus, reconnaissance boursière, coopération dans le domaine de la santé, accord électricité…

Pourtant, il y a une différence notable. Alors que sur les berges égyptiennes on s’activait avec énergie pour débloquer le navire et éviter que le canal ne devienne une impasse, en Suisse on voit d’importants acteurs qui ont baissé les bras. Ils annoncent sans débattre des conséquences qu’il faudra renoncer à l’accord-cadre. Par peur de ne pas gagner, ils préfèrent être sûrs de perdre et renoncent à mener le débat – et le combat. C’est là que l’analogie devient inquiétante: ces défaitistes, alliés aux souverainistes, acceptent ainsi que le canal d’échange de la voie bilatérale devienne une impasse. Ils proposent de renoncer, sans autre forme de procès, à la prospérité future du pays. Rien de moins.