La future Constitution genevoise va voir le jour pendant une période particulière du développement territorial et économique de la région franco-valdo-genevoise. Plusieurs projets ambitieux sont en cours d'étude, qui façonneront la Genève de demain.

Nous allons vivre un développement peut-être supérieur à celui que le Grand Zurich a connu ces dernières années car, contrairement à eux, nous sommes moins fragilisés par une spécialisation productive exclusive. Nous avons beaucoup d'énergies fortes: finance bien sûr, mais aussi horlogerie, biotechnologie, chimie, parfums, nucléaire, physique des matériaux et même la très forte croissance des diplomaties officielles et surtout parallèles au travers des innombrables ONG qui n'hésitent pas à choisir Genève face à New York.

D'ailleurs, la compétition mondiale des agglomérations s'accentue. Certes, nos atouts restent forts; mais, ils s'effriteront très très vite si la nouvelle Constitution n'en devient pas aussi un petit peu le bras armé, facilitateur parce qu'offensif.

La présence de plus de cent kilomètres de frontière autour de Genève va progressivement perdre son rôle de blocage dans la réflexion concernant notre croissance et notre identité régionale; fort de cette hypothèse de travail, entre les autorités vaudoises, genevoises et françaises, la nouvelle constitution devra permettre et favoriser une vraie entité régionale, administrative, technique et consulaire.

Dans une trentaine d'années, ce territoire transfrontalier comprendra très certainement un million d'habitants, pour plus de 600000 emplois environ, avec une ville centre qui restera Genève. Il est impératif que le futur texte constitutionnel donne les meilleures conditions-cadres pour favoriser une urbanisation, non seulement quantitativement inéluctable, mais encore et surtout de qualité.

A l'origine des grands projets en cours dans le canton, il y a souvent un concours d'urbanisme qui désigne une ou plusieurs équipes pluridisciplinaires souvent pilotées par des ingénieurs et des architectes, dont surtout Praille-Acacias-Vernets, pour ne citer que celui-ci.

Les architectes ont en eux, par leurs études, et au sein de leur pratique professionnelle, une forte culture du projet qui repose sur l'analyse historique, la responsabilité écologique, l'efficacité économique et la solidarité sociale. Il faut aussi rappeler que toute production architecturale est également et avant tout un acte culturel quasi pérenne. Concevoir en quelques mois des instruments de projets pour le temps long fait partie de notre quotidien!

Sans prétendre conclure, et pour rester proche de nos juristes, le plus important est essentiellement de comprendre les questions: nous devons surtout formuler un outil qui permet de mieux nous projeter dans l'avenir.

En l'occurrence, dans la future constituante, je pressens parfaitement les domaines où l'urbaniste pourra partager son expérience pour activer efficacement les nouveaux chaînons manquants dans les analyses des légistes.

Bien entendu, il n'est pas question d'imposer exactement, aujourd'hui, comment cela devrait se concrétiser dans la prochaine constitution genevoise. Tout sera dans le juste partage des idées et des pratiques pour faire avancer au mieux la grande Genève, la tonifier au maximum.

Voilà pourquoi les candidats «professionnels et en dehors des partis» de Genève-Avance mettent beaucoup d'espoir pour que cette constituante soit marquée dans sa majorité par la société civile active, afin que l'on ne se retrouve pas en face d'un «Grand Conseil bis» écartelé à nouveau.

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