Opinions

Des candidats à l'élection de l'Assemblée constituante genevoise s'expriment. Un homme, une femme au sein des autorités

Marguerite Contat Hickel, candidate de la liste Verts et associatifs, conseillère municipale, propose la parité entre hommes et femmes sur le plan des institutions politiques cantonales.

Ecrire une nouvelle Constitution ne revient pas à figer le présent, mais à anticiper et à façonner, dans tous les domaines, le futur pour de nombreuses décennies. Dès lors, il est essentiel que la future Constituante fasse œuvre novatrice, notamment dans le domaine de la représentation des femmes et des hommes en politique.

Il en était déjà ainsi lorsque, en 1864, le philosophe genevois Ernest Naville proposa l'introduction de l'élection à la proportionnelle. Le système majoritaire avait montré ses limites et son iniquité lorsque, en août 1864, l'élection d'Arthur Chenevière avait été invalidée alors qu'il avait obtenu davantage de voix que le radical James Fazy. L'instauration de la proportionnelle qui suivit modifia en profondeur la Constitution de 1847. Une révolution à l'époque, au même titre que l'abolition du vote censitaire ou l'introduction bien plus tard du droit de vote pour les femmes.

Le processus constitutionnel que le peuple de Genève a choisi, et pour lequel les citoyennes et citoyens sont appelés à élire une Assemblée constituante, devra lui aussi moderniser et revivifier la vie institutionnelle de notre République et canton pour de nombreuses décennies. Nous serions ainsi fiers que, à la fin de ce siècle, nos petits-enfants estiment normal, et même judicieux, que les autorités publiques du canton soient composées, à parité, de femmes et d'hommes, suite à l'introduction dans la nouvelle Constitution d'un article instaurant une représentation proportionnelle et paritaire.

Nous souhaitons que l'égalité soit réalisée dans les faits. A cette fin, nous considérons que la Constitution doit affirmer le principe garantissant l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles, sociales et politiques. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion qui nous est donnée par la Constituante pour envisager un projet plus ambitieux? A savoir que toutes les autorités élues de la République et canton de Genève soient constituées, à l'avenir, pour moitié de femmes et d'hommes (lorsque l'autorité est composée d'un nombre impair de personnes, une différence de un est évidemment admise).

Ainsi, par exemple, les citoyennes et les citoyens seraient appelés à élire 50 femmes et 50 hommes au Grand Conseil, de manière proportionnelle et paritaire, les autres règles électorales restant les mêmes. Il s'agit en réalité d'une règle supplémentaire dans la mise en œuvre de la démocratie représentative, au même titre que le quorum, la représentation proportionnelle, les listes de partis, les apparentements, etc. Les partis restent libres de présenter les candidates et les candidats qu'ils souhaitent et l'électrice et l'électeur sont tout aussi libres de voter pour celles et ceux de leur choix, au maximum 50 femmes et 50 hommes au Grand Conseil par exemple.

Une telle proposition a pour but de lancer le débat sur l'adéquation entre l'objectif d'égalité et les moyens que nous nous donnons pour l'atteindre. Nous souhaitons que cette proposition contribue à enrichir le débat sur l'égalité et à faire progresser notre démocratie.

Nous sommes persuadés que l'histoire de la démocratie genevoise est loin d'être achevée. Nous sommes prêts à accompagner des évolutions qui, aujourd'hui peut-être, paraissent trop novatrices, mais demain seront évidentes. La nouvelle Constitution: n'est-ce pas un pari raisonné sur l'avenir?

Ce texte est cosigné par Lorena Parini, Matteo Gianni, Florian Irminger et Pierre Meyer, également candidats sur la même liste.

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