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Des scènes d’apocalypse dans la Ghouta orientale, ces derniers jours.
© Bassam Kabieh/Reuters

Revue de presse

Carnage dans la Ghouta: les médias font la comparaison avec Srebrenica

C’est «l’enfer sur terre» dans l’enclave rebelle aux confins de Damas, dit l’ONU. Mais la communauté internationale est pour l’heure paralysée face à l’horreur

«Les attaquants n’hésitent pas à s’en prendre délibérément aux sauveteurs», témoigne le photographe Abdulmonam Eassa, basé dans l’est de Damas, sur le blog Making of de l’Agence France-Presse, cité par Le Point. «L’ONU a confirmé que six hôpitaux de la Ghouta orientale, près de Damas, avaient été bombardés.» Depuis quatre jours, les forces du régime syrien, aidées par l’aviation russe et soutenues par Téhéran, larguent bombes et barils d’explosifs sur ce fief rebelle assiégé depuis 2013. «Rien ne semble pouvoir stopper ce bain de sang.»


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Alors la communauté internationale s’indigne, mais elle est paralysée. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter, probablement ce jeudi, «un projet de résolution» – selon son expression favorite – réclamant un cessez-le-feu de trente jours en Syrie pour permettre l’acheminement des secours dans la Ghouta orientale. Il y aurait eu là-bas au moins 320 morts, dont 76 enfants, en seulement quatre jours. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a notamment réclamé mercredi de pouvoir accéder aux victimes.

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé en personne mercredi la fin immédiate des combats dans cette région, qualifiant l’enclave rebelle d’«enfer sur terre», selon Courrier international. L’enfer, oui, en cette «Ghûta» qui désignait avant la guerre les terres cultivées qui entourent Damas et qui constituent une oasis dans le désert de Syrie. Mais aujourd’hui, «je crois que la Ghouta orientale ne peut pas attendre», a-t-il déclaré au Conseil de sécurité des Nations unies, relaient la BBC et ces images d’Euronews de quartiers dévastés par la guerre urbaine qui s’y déploie:

La nuit dernière, «la Suède et le Koweït ont également appelé au vote sur une résolution américaine ordonnant un cessez-le-feu de trente jours dans toute la Syrie» pour permettre enfin aux organisations humanitaires de venir en aide «à des millions de personnes et l’évacuation des malades et des blessés», indique ABC News. Mais «face à la catastrophe humanitaire qui se déroule sous ses yeux, la communauté internationale peine, comme depuis le début du conflit syrien», et comme très souvent dans ces cas extrêmes, «à adopter une position commune contre les massacres», déplore Le Monde.

Cette inaction fait évidemment «réagir la presse internationale», relève encore le quotidien français: «Plusieurs médias internationaux comparent la situation avec la situation qu’avait connue la Bosnie.» Au Royaume-Uni, le Guardian parle par exemple d’un «autre Srebrenica», d’«un carnage inimaginable», et la chaîne américaine de télévision CNN estime qu’il s’agit d’un «tournant, comparable à d’autres moments critiques pour les droits de l’homme ces vingt-cinq dernières années». Les images qui proviennent de Syrie sont à la limite du soutenable. Attention, celles-ci peuvent heurter les personnes sensibles:

Mais l’ulcération a beau être générale et Sputnik News – avec sa mauvaise foi habituelle au service de Moscou – parler de «surenchère macabre» qui se serait «emparée de la presse française», «en attendant, la vie dans ce qui fut un jour le «verger de Damas» paraît suspendue, écrit Libération. «Nous attendons notre tour de mourir. C’est la seule chose que je puisse dire», a raconté à l’agence Reuters Bilal Abu Salah, un habitant de Douma, la plus grande ville de la Ghouta orientale.

Ce jeudi matin, France Télévisions relate que, selon Amnesty International, «les enfants sont en train de mourir de faim». La situation est jugée «catastrophique» et «ce n’est pas normal que dans la Ghouta orientale un morceau de pain coûte 85 fois plus qu’à Damas à quelques kilomètres», au point qu’on ait «des cas de malnutrition grave». Un médecin franco-syrien évoque pour sa part un «chaos total». «Les blessés s’entassent dans les couloirs des hôpitaux, les morts aussi. L’odeur de la mort est partout», dit-il.

Depuis la France, il raconte que ses «collègues sont obligés de faire des choix extrêmement difficiles devant les blessés qui arrivent. Quand une blessure est importante, ils sont obligés de laisser cette personne mourir parce qu’ils n’ont pas les moyens de la sauver. Peut-être pour sauver une autre personne…» Les rares secours travaillent avec des moyens très précaires. «Il n’y a pas d’électricité», seulement «des groupes électrogènes» qui fonctionnent au fioul. Et surtout, «il n’y a pas de médicaments». Très peu d’eau. Pratiquement aucun lieu sécurisé. «Une région où rescapés et blessés errent comme des zombies dans la poussière et les gravats.»

Un pays «plus que jamais en guerre»

Hélas, à contempler ces scènes d’apocalypse, Alain Frachon, éditorialiste au Monde, évoque ces temps passés où «après la guerre, vient la paix, en général. Quelquefois, il y a aussi la réconciliation.» Mais à cette aune, déplore-t-il, «la Syrie est plus que jamais en guerre. La survie du régime de Bachar el-Assad, sous perfusion russo-iranienne, est peut-être assurée. Mais, chaque jour, des Syriens sont tués par dizaines, blessés par centaines et des milliers d’entre eux sont jetés sur les routes du pays.» Et le pire, c’est qu’«aux feux toujours incandescents du conflit principal – celui qui oppose Damas aux restes d’une insurrection dominée par les islamistes – s’ajoutent deux autres foyers: la bataille turco-kurde et l’affrontement irano-israélien. Ce qui fait trois fronts de guerre pour la Syrie, réceptacle, en l’espèce, des infinies complexités de la région.»

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