Ma semaine technologie

En cas de malheur, à qui confier le magot?

Les banques ne seront bientôt plus la seule alternative de gestion du patrimoine. Apple, Google et Facebook pourraient doubler les banques traditionnelles dans toutes sortes de domaines et ces dernières feraient bien d’y penser

Si tout s’effondrait, que sauriez-vous faire d’immédiatement utile de vos dix doigts? Chasser, cultiver, fabriquer, vendre, enseigner, diriger? Peu importe: chacun d’entre nous a un talent personnel et peut espérer l’exploiter si les choses tournaient (vraiment) mal. Cette réflexion, les grandes banques devraient la mener. En cas de malheur, que savent-elles faire, au fond? La plus belle qualité que nous pourrions leur attribuer, c’est d’être le dépositaire naturel de la confiance des autres. En cas d’apocalypse, pour reprendre notre exemple, le banquier du groupe serait celui à qui on confierait notre richesse, que ce soit de l’argent ou toute autre valeur. Problème, si la confiance est rompue, c’est bel et bien le dernier à qui nous aurions envie de confier notre chemise.

Jusqu’ici nous n’avions pas d’alternative et les patrimoines étaient gérés par les banquiers, nonobstant les restructurations perpétuelles synonymes de dégradation de la qualité du service, les mauvaises performances des portefeuilles et les scandales récurrents, des sources intarissables d’impopularité. Imaginez maintenant qu’une marque que vous aimez, qui vous facilite la vie quotidiennement, se mette à remplir cette fonction et à s’occuper de manière professionnelle de votre argent. Apple, Google et Facebook – c’est bien d’elles qu’il s’agit – pourraient alors doubler les banques traditionnelles dans toutes sortes de domaines, de la banque de détail aux conseils en investissements. Et même racheter les plus grandes d’entre elles si tout à coup ces étoiles de la Silicon Valley se mettaient en tête d’apprendre le métier plus vite et d’occuper physiquement le terrain. Apple, par exemple, en a largement les moyens puisqu’il détient plus de cash que n’importe qui.

«Ces sociétés ne deviendront jamais des banques car il y a trop de réglementations dans notre domaine», nous confiait récemment un grand acteur de la place. Pourquoi effectivement s’infliger un repas si indigeste en gobant une banque alors qu’il suffit de passer par d’autres voies? Cela s’appelle la disruption et nombre de secteurs l’ont déjà senti passer. Sans compter que si c’est la seule défense qu’imaginent les barons de la finance, cela en dit long sur l’état d’esprit des professionnels.

Les banques, dont le cours en bourse est à la peine, feraient bien d’y réfléchir à deux fois: la prochaine vague de restructuration ne se fera pas forcément entre pairs, comme dans le bon vieux temps. Pire. En cas de krach, les acteurs qui inspireront le plus confiance à l’avenir ne seront pas forcément ceux qui exercent le métier depuis le plus longtemps. 

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