Incidences

Cassis à Washington: une visite équilibrée

OPINION. La visite du conseiller fédéral Ignazio Cassis à Washington a permis d’évoquer les relations bilatérales. Elles sont cordiales et mesurées, relate notre chroniqueur François Nordmann

Ils n’avaient pas pu se rencontrer à New York lors de l’Assemblée générale, ni à Davos, le président Trump ayant annulé la participation de la délégation américaine au Forum économique mondial. Il était donc de bon aloi que le secrétaire d’Etat Mike Pompeo reçoive finalement son collègue suisse dans son bureau du septième étage du Département d’Etat pour des entretiens substantiels. Lorsqu’un des prédécesseurs du conseiller fédéral Ignazio Cassis avait franchi jadis le seuil de ce même bureau, la discussion s’était si mal passée que son occupant avait donné après coup à ses collaborateurs l’instruction de ne plus jamais lui organiser semblable rendez-vous avec le ministre suisse de l’époque…

Chine et Russie: qu’en pense la Suisse?

Le conseiller fédéral tessinois s’est mieux acquitté de sa tâche, à en juger par les thèmes abordés. Les relations bilatérales d’abord, avec pour pièce de résistance le fameux accord de libre-échange. Ni M. Cassis ni M. Pompeo ne sont les interlocuteurs les mieux placés pour en parler, mais la partie américaine s’est montrée ouverte sur le sujet, traité parmi d’autres aspects de la collaboration économique et commerciale entre les deux pays, qualifiée de robuste du côté américain. La valeur des investissements directs suisses a été soulignée. A propos de l’accord de libre-échange, un haut responsable suisse qui fut étroitement mêlé aux travaux préliminaires en vue d’un tel accord en 2005-2006 s’étonnait que le Conseil fédéral ait repris maintenant ce dossier: le gouvernement américain actuel n’est pas fiable et il est périlleux de vouloir se lier avec lui au vu des aléas de sa politique commerciale…