Revue de presse

Catastrophe le 11 août 1979 en Inde, où un barrage hydroélectrique se rompt

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Aujourd’hui, la catastrophe de Morvi, qui a fait plusieurs milliers de morts

La catastrophe de Morvi, en Inde, survenue le 11 août 1979 et aujourd’hui bien oubliée, constitue pourtant un des plus grands désastres d’origine technique connus à ce jour. La rupture du barrage Macchu-2 a fait, selon les estimations, entre 2000 et 15 000 victimes. Elle avait été provoquée par des précipitations très abondantes. La capacité d’évacuation du déversoir était largement insuffisante, ce qui entraîna la rupture de tout l’édifice. Une vague de 5 à 10 mètres de haut s’abattit alors subitement sur la ville de Morvi et sur ses environs, situés à 5 km en aval.

«Un cauchemar», une «catastrophe nationale» pour la Gazette de Lausanne et le Journal de Genève du 16 août, alors que les autorités indiennes annonçaient «que 500 corps avaient été dégagés par les sauveteurs» et que «des informations parvenues à New Delhi faisaient état de centaines, voire de milliers de victimes qui giseraient encore sous les décombres» de cette ville «au riche artisanat, surnommée autrefois le «Paris du Saurashtra» […] et célébrée pour ses fabriques d’horloges, ses tuileries et ses textiles».

Dantesque et dément

Le «spectacle» est dantesque, sur une surface démente: «Les inondations n’ont pas touché la seule ville industrielle de Morvi qui compte quelque 60 000 habitants, disent les agences de presse, mais également les 17 villages des environs, lesquels sont […] isolés par les flots.» A vrai dire, il n’y avait déjà, à ce moment-là, aucune source concordante sur le nombre de victimes, qui avait été largement minimisé dans un premier temps.

Sur place, «c’est la stupeur». Les mêmes quotidiens relatent que 60% des maisons, «recouvertes de boue jusqu’à quatre mètres de haut, sont sinistrées. Les sauveteurs relèvent des centaines de cadavres boueux dans les rues, dans une odeur pestilentielle». Et «les survivants qui le peuvent fuient», ce «dans la plus grande confusion».

Policiers incrédules

On lit aussi qu’«un envoyé spécial de l’Indian Express» avait écrit que les policiers «n’avaient tout simplement pas voulu croire le récit du premier rescapé, un professeur de Morvi, venu les alerter». Quand enfin les forces de l’ordre sont arrivées, elles n’avaient «aucun moyen de secours, aucun téléphone de campagne». Et «le gouverneur de l’Etat du Gujarat, Mme Shanda Saurashtra, partie en voiture d’Ahmedabad, a dû rebrousser chemin à 60 km du but, un pont ayant été enseveli sous deux mètres d’eau».


Episode précédent:

Publicité