L’échec – le mot n’est pas excessif – des négociations entre le PDC et le Parti bourgeois-démocratique n’est pas une surprise. Elles ont été lancées sur des bases insuffisamment solides pour déboucher sur un résultat. Pour différentes raisons.

Il y a d’abord l’ego des présidents des deux formations. Christophe Darbellay s’est rapidement montré volontariste et a rêvé d’ouvrir la voie à un rapprochement substantiel entre les deux partis, qui aurait pu prendre la forme d’une fusion. Mais il s’est heurté à la résistance des sections cantonales, qui ont pu compter sur un relais efficace en la personne du très réaliste chef du groupe parlementaire, Urs Schwaller. En face, le président du PBD, Hans Grunder, s’est senti pousser des ailes après le résultat inespéré obtenu lors des élections du 23 octobre.

Il y a ensuite la dimension historique et fédéraliste, que les adeptes d’une éventuelle fusion ont minimisée. Un mariage avec le tout jeune PBD, issu d’une scission de l’UDC, paraît pour le moins précipité dans les bastions traditionnels du PDC. Pour les démocrates-chrétiens, le PBD demeure un point d’interrogation. Les deux formations se sont rapprochées dans le canton de Berne, où le PDC ne joue qu’un rôle marginal. Mais tel n’est pas le cas aux Grisons, où ils se concurrencent très directement. Les fiançailles ne sont donc pas mûres.

Cela dit, le morcellement du centre droit qui s’est accentué lors des élections d’octobre est un risque d’instabilité politique tel qu’il faudra bien que les formations concernées finissent par se rapprocher. Les libéraux et les radicaux pensaient avoir fait un pas en direction d’un centre droit plus fort en s’unissant. Mais, simultanément, l’émergence des Verts libéraux, encore en quête de leur identité et sous l’emprise d’un président fantasque, et l’acte d’ostracisme de l’UDC qui a donné naissance au PBD en ont anéanti les effets.

Il faut dès lors espérer que, malgré le résultat anémique obtenu par le PBD et le PDC, les responsables des partis du centre droit sauront reprendre le dialogue pour tenter d’établir une base commune. Une fois l’élection du 14 décembre passée et quelle qu’en soit l’issue, il sera nécessaire d’associer le PLR aux discussions.

Parti fondateur de la Suisse moderne, aujourd’hui essoufflé, le PLR restera, comme le PDC, l’un des façonneurs des majorités politiques au parlement et lors des votations populaires. Une union de raison plus poussée et sans doute plus large devra être envisagée. Il faudra aller au-delà de la molle «déclaration d’intention» présentée lundi. ö Page 10