Parallèlement aux événements tests sur quelques grandes manifestations et à l’élévation des jauges prévue en juin, le Conseil fédéral envisage d’instaurer un accès sélectif à certains lieux: dès que 40 à 50% de la population aura été vaccinée, l’entrée dans nos institutions, de même que dans les restaurants ou les manifestations sportives de moyenne grandeur, pourrait dépendre du passeport vaccinal, les publics devant attester d’un vaccin ou d’un coûteux et laborieux test PCR pour entrer dans nos murs.

Un rôle contre nature

Pour nous, institutions culturelles publiques, être accessibles à tous n’est pas un principe discutable. Personnes sans papiers, personnes requérantes, SDF, phobiques, allergiques, sceptiques, vaccinés aux vaccins non-ARN, «pro-vax» ou «anti-vax», «complotistes» ou «rigoristes»: il ne nous appartient pas de trier nos publics selon les critères que la Confédération n’ose elle-même pas faire appliquer aux autres secteurs. Il a été démontré à de multiples reprises – par des statistiques, par des simulations, par des recherches tout à fait scientifiques – que les théâtres, les cinémas et les salles de concert assises, moyennant le port du masque et la distanciation, faisaient courir à leur public exceptionnellement peu de risques de contamination – d’après ces études, moins que les transports publics et beaucoup moins que les supermarchés par exemple.