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Renne: mammifère ruminant des régions froides de l’hémisphère Nord. Rêne: courroie, chaînette ou corde reliant les deux anneaux du mors et qui sert à maintenir la tête du cheval afin de le conduire.
© Jackmac34/Pixabay.com

Les maux des mots

Des cervidés à libérer de leur joug dans la langue française

Chaque mardi de l’été, notre chroniqueuse déjoue les pièges les plus courants et les plus retors de la langue française

Il existe une race de mammifères ruminants à l’œil placide et aux bois recouverts de velours qui, depuis le paléolithique supérieur, suit son bonhomme de chemin, se retrouvant régulièrement dans les narrations de journalistes de tout poil. Economistes, scientifiques, correspondants, localiers ou chroniqueurs sportifs invoquent dans leurs écrits les rennes, ces cervidés des hautes plaines, et les font pénétrer tout de go au sommet de l’Etat, au cœur d’un club de foot, à la direction d’un établissement culturel ou à la tête d’une start-up.

L’adaptation de ces braves bêtes au monde moderne est sans limites. Egarés çà et là en plein XXIe siècle, captifs des éditorialistes, toujours par paire pour se tenir chaud, avancent-ils en harde, tel le troupeau du Père Noël? Ou brament-ils sans écho comme dans la toundra, leur biotope, transhumant à travers la Sibérie?

De quoi affûter la colère antispéciste

Ceux qui les emploient à tort et à travers vont devoir affronter la colère des antispécistes, ébranlés par le destin de ces élégants quadrupèdes mués en esclaves perpétuels: «Il a empoigné les rennes du ministère», «les rennes du groupe parlementaire leur ont été confiés», «il faut reprendre les rennes de la Suisse», «elle a dû tenir les rennes de la manifestation». On les imagine, ces défenseurs enragés de la cause animale, prenant ces déclarations prosaïques au pied de la lettre, venir caillasser de nobles institutions comme de vulgaires boucheries. «Si la passion vous anime, laissez la raison tenir les rênes», disait Benjamin Franklin.

Parfois, soudainement, les voici libérés de leur joug quand on parle de «lâcher les rennes», une version naturaliste du lâcher-prise… Rendons aux rennes leur liberté, délivrons-les de leurs rênes, qu’ils repartent s’ébattre dans les contrées nordiques d’où ils n’auraient jamais dû migrer.

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© Gabioud Simon (gam)