L’avantage du confinement c’est qu’on a plus de temps pour lire! Je me suis intéressé ces derniers jours aux points de vue diffusés dans les médias et les réseaux sociaux sur l’impact de la pandémie sur l’avenir de nos sociétés. Le Covid-19 sera-t-il un élément accélérateur d’une vaste transformation à laquelle nous ne pouvons plus échapper ou annonce-t-il au contraire des lendemains qui déchantent? J’y ai retrouvé toute l’ambiguïté du refrain de la chanson Aujourd’hui la crise (1976) de Jacques Higelin, cité dans le titre de cette chronique. Le «peut-être» ne s’applique pas à la dureté de la crise mais bien à l’espoir d’un avenir meilleur. S’il est placé en fin de strophe, c’est pour assurer la rime avec la suite de la chanson: «Tu tournes en rond comme une bête/Tu tires la vache par la queue».

Les optimistes et les pessimistes aiguisent donc leur rhétorique et ont des arguments solides à faire valoir. Les optimistes veulent croire que la crise sanitaire que nous vivons va accélérer la mutation vers une économie moins globalisée, moins carbonée, mais plus respectueuse de la nature. Les pessimistes mettent en garde contre la récession qui s’annonce massive en 2020 – on ne peut exclure une baisse de 5 à 10% du PIB pour les économies les plus matures. Ils pointent du doigt l’endettement colossal des Etats qui va en résulter, sous l’effet de la baisse des recettes fiscales et des coûts astronomiques des plans de soutien à l’économie.