Cadeau sur cadeau, apéro sur apéro. Pour ceux qui, comme moi, aiment enchaîner les petites attentions et les grandes récréations, Noël est une liesse totale. Beaucoup se plaignent de la ronde des fêtes de fin d’année, celles du boulot, de la crèche, de l’école, du sport, des amis, des enfants des amis, de la famille proche, de la famille élargie, etc. Et c’est vrai que ces soirées à répétition donnent le tournis: on boit, on danse, on parle, on reboit, on rit et, à la fin, on ne sait plus qui nous a dit ceci ou cela. On a une info, un récit, souvent haut en couleur, mais on n’a plus forcément l’auteur! C’est un bal joyeux, une valse effrénée, un tango perpétuel de bonnes vibrations échangées. C’est Noël, quoi, dans son sens premier: un peu plus de candeur, un peu plus d’humanité.

Les pattes cassées

Mais, car oui il y a un mais, c’est aussi l’occasion de conduire un peu bourré. Et là, c’est moins la fête. Jeudi dernier, sur l’autoroute Lausanne-Genève, on était cinq cadors, joyeux comme des Santa Klaus, de retour d’une party relativement arrosée. Le conducteur – qui n’était pas à jeun –, assurait qu’il assurait, mais disons que, entre son état poétique, la neige qui tombait à gros flocons dans la nuit et les voitures qui, devant nous, glissaient plus qu’elles ne roulaient, l’affaire relevait quand même du jeu de l’oie aux pattes cassées.

En même temps, la joie était là, tellement palpable, qu’elle semblait nous protéger. Comme un talisman de gaieté. Pour résumer, on était trop heureux pour mourir ou tuer. De fait, même si l’on a évité de justesse une voiture qui avait fait un tête-à-queue et se retrouvait coincée à l’équerre sur la chaussée, on est arrivés entiers et réjouis à Genève City.

La mort, non merci!

Le lendemain, je racontais autour d’un verre cet épisode à une jeune amie qui m’a douchée sans merci. «S’il te plaît, Mapi [c’est mon surnom], wake up! Tu te souviens qu’un jeune homme est mort écrasé près du By Pass [une discothèque genevoise] samedi dernier? Eh bien, je sais de source proche que le conducteur qui l’a renversé était bourré. D’ailleurs, il est incarcéré et n’est pas près de sortir de prison.» Ce genre d’info calme, c’est sûr. J’étais comme séchée sur place. Passée d’un coup de pompette à penaude.

Dès lors, très chers lecteurs, je vous souhaite de magnifiques Fêtes, joyeuses, émouvantes et allumées. Mais je vous supplie aussi de prendre le train, le car, le taxi, Uber, Nez Rouge, tout ce que vous voudrez pour rentrer, et de ne pas conduire alcoolisés. Noël célèbre une naissance, la mort n’y est pas invitée.


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Le CEVA, on y va!