Cette semaine, les autorités chinoises célébraient le 70e anniversaire de la République populaire. Du haut du balcon de la porte Tiananmen, le président Xi Jinping, revêtu du costume Sun Yat-sen des révolutionnaires, a prononcé un discours solennel: «Rien ne peut ébranler les fondations de notre grande nation, a-t-il proclamé. Rien ne peut empêcher la nation et le peuple chinois d’aller de l’avant.» Si vous croisez un jour un officiel chinois, il vous expliquera ce qu’est la nation chinoise à peu près en ces termes: la Chine, c’est 5000 ans de civilisation, 3000 ans d’histoire, 2000 ans d’empire, 100 ans d’humiliations occidentales. Et depuis 1949, il y a eu trente ans de reconstruction (sous Mao), puis quarante ans de réformes et d’ouverture. Aujourd’hui, la Chine a retrouvé sa grandeur, une grandeur comprise comme éternelle, sur un territoire éternel formant un tout, contrôlé par un pouvoir pacifique et bienveillant. Inutile donc d’avoir peur de la puissance retrouvée de la Chine.