Revue de presse

C’est un signe: le Mondial de foot approche, l’album Panini est arrivé

Revoici les myriades d’étiquettes autocollantes aux effigies des stars qui envoûteront la galaxie du ballon rond durant l’été prochain, en Russie. Le prix des images flambe

Tous les deux ans revient la même petite ritournelle, cette ode au ballon rond à l’odeur d’encre fraîche qui vient chatouiller les narines à l’occasion des grands tournois internationaux de football. Avec son lot de lacrymaux souvenirs d’enfance et de collectionneurs endiablés pour qui l’histoire rime avec petits autocollants banals: l’album Panini de la Coupe du monde de football en Russie vient de sortir. Les lecteurs et abonnés du Matin, notamment, sont gâtés, puisqu’il leur est notamment offert ce vendredi. Afin qu’ébahis, ils puissent contempler à nouveau ces mythiques vignettes à l’effigie des stars du foot des 32 nations qui participeront au Mondial. Dont la Suisse, hein! – rappelons-le pour ceux qui l’ignoreraient; il y en a, nous en connaissons, et ils n’étaient même pas sur Mars ces derniers mois.

«Coller sans dépasser»

«C’est un signe»: le grand bastringue approche donc, pour Le Soir. Il entame sa grand-messe un peu moins de trois mois, le 14 juin. Et en attendant, la machine commerciale va tourner à plein régime avec ces «vignettes qu’il faut coller – sans dépasser». «De quoi réjouir les amateurs de foot, les gamins des cours de récré ou les collectionneurs qui ont entamé l’aventure […] en 1970, avec le premier album» – et le seul avec une photo de Pelé – celui de la Coupe du monde au Mexique, récemment vendu aux enchères pour l’équivalent de 2800 francs. Mais le quotidien de Bruxelles prévient: «C’est le portefeuille qui risque de grimacer. Et méchamment. Car le prix des autocollants a flambé.» Entre 2006 et 2018, le coût de la pochette de cinq stickers a presque doublé.

C’est au cœur de la capitale balsamique, à Modène, «en Italie, au siège de Panini, que l’album […] a été mis au point, par un service chargé de la sélection des équipes et de la négociation des droits. Panini doit en effet se prémunir des surprises éventuelles de la phase qualificative. Qui aurait parié cette année sur une qualification du Panama et sur une élimination de l’Italie? Mais que les fans se rassurent, les 32 pays qualifiés sont tous présents dans l’album, il y a 670 autocollants à collectionner», lit-on sur le site de One FM.

Soluble dans l’ère numérique?

Mais ce qui est très abusivement présenté comme «la grande nouveauté» cette année, c’est que l’album est disponible en version numérique. A vrai dire, il y en avait déjà une au Brésil, en 2014. Plus besoin, donc, d’aller au kiosque, explique le site Football Stories de Konbini, on peut posséder «un album virtuel» qui fonctionne exactement de la même manière que le réel, mais qui coûte nettement moins cher, et la possibilité existe aussi d’échanger ses vignettes en double avec les autres utilisateurs, concours en ligne à la clé. A l’ère digitale, faut ce qu’il faut, mais le succès sera-t-il au rendez-vous de cette dématérialisation? Difficile à dire pour l’heure…

Lire aussi: Panini pas comme Capri: c’est pas fini (21.04.2010)

Car il y a un hic. Le quasi-demi-siècle qui vient de passer depuis les glorieuses heures mexicaines montre que certains de ces albums peuvent devenir de «véritables objets de collection qui se monnayent comme des œuvres d’art», indique le site de la RTBF. Mais pour l’heure, en Belgique, «certains mathématiciens» se sont surtout «penchés sur le coût réel pour compléter un album en se basant sur des calculs de probabilités et des statistiques. En théorie, 115 euros pourraient suffire, mais cela suppose» que l’on n’ait pas de doublons…

«En réalité, c’est inévitable» et «il faudrait acheter en moyenne plus de 700 pochettes pour terminer l’album, soit un coût total de plus de 450 euros». «It costs a packet», confirme le Times de Londres. Bien que Panini s’en défendît en 2010 déjà, selon le site Slate.fr, le succès des vignettes «s’explique par la production de nombreux doubles, certaines figurines étant manquantes car éditées en moins grand volume, ce qui aboutit à un marché de collectionneurs pour les échanges et à un marché noir en cour de récréation».

A l’époque, Le blog-notes mathématique du coyote s’était chargé de donner la réponse tant attendue du nombre de stickers à acheter: «Il faudra à peu près N x [0.58 + ln (N)] cartes. L’album de la Coupe du monde 2010 en compte plus de 600. Vous devrez donc en acheter environ 4200! […] Diable! Mais si je trouve A personnes pour en échanger, combien de vignettes faudra-t-il acheter en tout (donc pour A + 1 personnes)? La réponse est N x [ln (N) + Aln (ln (N)) + 0.58]. Si vous trouvez 5 amis pour échanger, il faudra donc acheter 9750 cartes, c’est-à-dire 1625 par personne.» Y a-t-il d’autres questions?

La fièvre monte…

Mais comment «ces myriades d’étiquettes autocollantes aux effigies des nombreux acteurs qui envoûteront la planète foot durant l’été prochain en Russie» sont-elles fabriquées? A travers une vidéo promotionnelle notamment visible sur le site de L’Avenir, l’entreprise italienne «a levé un coin du voile, mettant en scène les graphistes et techniciens qui concoctent» ces merveilles qui font «monter la fièvre», raconte enfin le Blick. Qui s’intéresse surtout, ces jours-ci, à un joueur de la Nati en particulier. Prénom: Valon.

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