Nouvelles frontières

Et si c’était plus qu’une guerre économique…

OPINION. Le nouvel ambassadeur de Chine auprès de l'ONU à Genève instruit la presse du Palais des Nations de l'état du monde, écrit notre chroniqueur Frédéric Koller. Un monde jugé injuste envers Pékin.

Chen Xu, le nouvel ambassadeur chinois auprès du siège genevois de l’ONU a rencontré jeudi la presse accréditée au Palais des Nations à peine un mois après avoir posé ses valises. Voilà qui est inhabituel. Ce diplomate pressé, vieux routier du multilatéralisme, avait un message urgent à faire passer : la Chine ne cherche pas à dominer le monde. Mais si on la pousse dans ses retranchements, elle est prête à se battre. Jusqu’au bout.

Alors que cela fera bientôt un an que Washington a déclenché les hostilités commerciales avec Pékin, le bras de fer prend une tournure épique. Ces jours-ci, le pouvoir chinois a accusé les Etats-Unis de «terrorisme économique», Mike Pompeo est qualifié de menteur et Xi Jinping s’est rendu en pèlerinage aux sources de la Longue Marche, du nom d’une retraite des communistes chinois pour mieux s’emparer ensuite du pouvoir. Avec ce message: le peuple peut se remettre en marche contre l’agresseur (en 1934, c’était contre les nationalistes du Kuomintang, donc dans le cadre d’une guerre civile, mais peu importe).