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Sur le tournage de la saison 6 de Game of Thrones.
© Helen Sloan

Editorial

Cette affolante boulimie pour les séries TV

Alors que Netflix et Amazon gagnent des parts de marché, Facebook dit son intérêt pour les feuilletons. La TV classique ne meurt pas pour autant. De fait, l’offre explose dans un contexte de hausse de la consommation

Les chiffres font tourner la tête. L’année passée aux Etats-Unis, il s’est produit 455 saisons de séries TV, anciennes ou nouvelles. Cette année, le diffuseur en ligne Netflix va dépenser 6 milliards de dollars pour ses productions propres, la moitié du budget de Warner Bros (cinéma, TV et DC Comics), ou près de quatre fois l’enveloppe de la SSR avec toutes ses chaînes. Amazon investirait, elle, plus de 4 milliards, télé-réalité incluse. Et voilà que Facebook dit son intérêt pour les séries. Le groupe annonce un cadre modeste – 3 millions par épisode, contre 10 chez HBO ou Netflix dans certains cas –, mais il dispose d’assez de trésorerie pour faire éclat.

A ce sujet: Facebook à la conquête de Hollywood

«Game of Thrones» triomphe, et ne disrupte rien

Ces acteurs issus du Web bousculent le marché. La production augmente partout. La concurrence s’accroît. Les jours des vieilles chaînes de TV sont-ils comptés? La question a déjà été posée lors de la popularisation de la vidéo. Or, rien ne prouve cette affirmation. Les chaînes de télévision souffrent certes d’une baisse d’audience et d’un fléchissement des recettes publicitaires – loin, toutefois, de ce que vit la presse. Aux Etats-Unis, les grands réseaux ne sont pas en danger.

Ces jours, le retour de la fiction la plus populaire du moment, Game of Thrones, tétanise le monde depuis le robinet de la bonne vieille HBO. Par les romans originaux, la série remonte aux Rois maudits de Maurice Druon. Elle ne disrupte rien du tout: elle consacre le triomphe du traditionnel feuilleton littéraire, façon audiovisuelle.

A ce propos: Les jeux de piste de «Game of Thrones»

Une TV bousculée, mais dans un contexte de hausse

Bien sûr, la télévision linéaire, avec ses rendez-vous à papa, est bousculée. Sous nos latitudes, Canal + se trouve attaquée par les nouveaux entrants, de même que les TV nationales. La situation actuelle surprend par le fait que la bataille se déroule dans un contexte de croissance globale. On fabrique davantage de feuilletons, tout simplement parce que la planète en consomme toujours plus.

On peut se désoler de cette humanité décennie 2010, milliards de patates de canapé qui se gavent de chips et d’épisodes sur téléphone, tablette, PC ou télé. Ou l’on peut saluer ce bouillonnement croissant, cette production qui gagne globalement en qualité, ces feuilletons qui racontent le monde, cette fiction qui, ensuite, fait causer entre eux les velcrosés des écrans. La question du prochain épisode sera plutôt celle-ci: jusqu’où ira cette scrupuleuse boulimie?


Retrouvez tous nos articles sur les séries TV.

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