Emmanuel Macron ira sans doute très vite à Kiev. Tout juste réélu, le chef de l’Etat français ne manquera pas, comme président tournant de l’Union européenne (jusqu’à la fin juin), d’aller exprimer sa solidarité avec Volodymyr Zelensky, après avoir approuvé la livraison d’armement lourd à l’armée ukrainienne face à l’agression russe. Le discours officiel français, en revanche, continue de nier toute guerre contre la Russie, à l’unisson des autres pays de l’Union européenne pourtant frappés au cœur de leur vie quotidienne par la flambée des prix de l’énergie et, depuis cette semaine, par le refus de Moscou de continuer d’approvisionner en gaz la Pologne et la Bulgarie. Un «en même temps» qui, au fur et à mesure de l’escalade militaire, exige de regarder la réalité en face.