Charivari

Le CEVA, on y va!

Ce jeudi, on fête la mise en fonction du Léman Express sur le célèbre tronçon ferroviaire qui relie Annemasse à Cornavin. Notre chroniqueuse dit sa joie et pense à son père

Les Genevois adorant râler, on entend déjà des habitants se plaindre du peu d’effets que le CEVA aura. Pourquoi ce scepticisme alors que ce chantier de huit ans – le premier coup de pioche date de novembre 2011 – épouse complètement les courbes de la mobilité douce et, donc, de l’effort écologique désormais cher à chacun? Le CEVA, cet acronyme qui définit la liaison Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse, relie deux régions coupées par un lac qui a donné son nom au train qui foncera sur ses rails, le Léman Express.

Dépenses: 1,6 milliard de francs côté suisse, 230 millions d’euros côté français. Cinq stations genevoises flambant neuves ou réhabilitées scandent le tronçon de 16 kilomètres qui relie la gare d’Annemasse à celle de Cornavin. Et, pour finir avec les chiffres, un million de personnes seront concernées par les 230 kilomètres de voies de chemin de fer franco-suisses que cette nouvelle connexion permettra de relier. Le principal objectif visé? Une diminution de 12% du trafic transfrontalier.

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Je le dis sans hésiter: c’est un vrai cadeau de Noël. D’accord, peut-être que la grève de nos voisins contre la réforme des retraites va quelque peu freiner la fête. L’inauguration officielle du Léman Express, ce jeudi, et la mise en fonction publique, ce week-end, devront composer avec cette manifestation de colère et les esprits frappeurs ricanent déjà de ce possible naufrage avant décollage… Il y a aussi ces travaux qui ont duré des années, occasionné des nuisances béton et modifié le paysage sans ménagement. Certains riverains se demandent si les avantages seront à la hauteur de ce vaste chambardement.

Moi j’y crois

Moi j’y crois. Je ne râle pas dès que je peux sur les voitures en général et les 4x4 en particulier pour faire la moue devant un RER qui va forcément alléger les axes routiers. Depuis que, travail à Lausanne oblige, je mange du train au quotidien, il n’y a pas un jour où je ne salue l’efficacité et la commodité de ce moyen de transport. On déplore quelques retards? Des accidents de personne qui brisent l’âme? Une saturation des wagons aux heures de pointe? Oui, ces éléments pèsent parfois. Mais jamais autant que les embouteillages sur l’A1, la pollution massive et le risque d’accidents graves à chaque déplacement.

Je crois au CEVA et j’ai une pensée pour mon papa. Politicien genevois dans les années 1980 et 1990, il s’est battu pour redéployer les trams dans la ville et le canton, et créer un réseau de pistes cyclables canon. Il serait heureux et fier de prendre le Léman Express. J’y monterai, samedi, en pensant à lui.


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