Planète éco

Changement climatique: du diagnostic au remède

OPINION. Vingt-sept Prix Nobel d’économie, d'anciens gouverneurs de la banque centrale des Etats-Unis et 15 présidents du Conseil des conseillers économiques de Donald Trump proposent un plan d'action pour réduire les émanations de CO2, explique notre chroniqueur Charles Wyplosz. Simple et efficace

Grâce à la jeunesse, le débat est enfin lancé là où il doit être mené, dans l’opinion publique. Les dérèglements climatiques ne sont plus des prédictions scientifiques absconses, ils sont visibles, mais la majorité des gouvernements traînent les pieds et se réfugient dans des actions symboliques, parfois contradictoires, rarement efficaces. Les industries polluantes s’évertuent à retarder l’échéance, parfois en se déclarant vertes à grand renfort de publicité sans, bien sûr, changer grand-chose. Même si le monde de la finance promeut des investissements verts, les entreprises polluantes qui sont profitables ne semblent pas manquer de financements. Dans leur écrasante majorité, les mouvements écologiques restent accrochés à leurs vieilles lunes, rejetant le nucléaire et l’éolien.

Devant une telle débauche de propagande et de fausses actions, il n’est pas surprenant que l’opinion publique s’y perde. Le phénomène des «gilets jaunes» en France est un symptôme supplémentaire de l’habituelle réaction face à un problème qui requiert les efforts de chacun: que les autres paient, je n’en ai pas les moyens. Il ne faut pas se bercer d’illusions, la lutte contre le réchauffement climatique est coûteuse. Les gouvernements ne bougeront sérieusement que lorsque leurs opinions publiques seront suffisamment convaincues, pas seulement du problème, mais aussi des solutions, pour en accepter le prix. Ils se contentent de proposer des mesures inefficaces, souvent autoritaires, comme la décision allemande d’arrêter le nucléaire, qui n’émet pas de carbone, pour le remplacer par le charbon, la pire source du réchauffement climatique.