Edito

Changement d'époque aux CFF

L'émergence d'autres moyens de déplacement secoue la situation dans laquelle se trouvait l'entreprise nationale. Premier effet: les CFF ont compris qu'ils ne pouvaient indéfiniment réclamer des hausses de tarifs

On assiste à un changement d'époque aux CFF. La concurrence, existante ou escomptée, d'autres moyens de déplacement comme les bus longue distance et le covoiturage n'y est pas étrangère. Longtemps, l'ancienne régie ne s'est pas préparée à l'ouverture du marché, tout simplement parce que, s'il est libéralisé pour les marchandises, il ne l'est pas pour le trafic voyageurs. Il y a certes d'autres entreprises de transport ferroviaire, comme la compagnie BLS sur le Plateau ou la Südostbahn. Mais elles se sont davantage partagé le gâteau du rail qu'elles ne se sont lancées dans un réelle compétition.

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Cela explique pourquoi le climat de concurrence si souvent évoqué au sein de l'UE n'a jamais impressionné les CFF. Mais cela change. L'émergence de nouvelles offres telles que FlixBus ou BlaBlaCar est en train de secouer la situation relativement confortable dans laquelle se trouvaient l'entreprise nationale et sa filiale Lyria (qu'elle partage avec la SNCF) en trafic international. Le contexte politique évolue également. Le parlement, dans sa nouvelle composition, est sans doute plus libéral que par le passé.

Tout cela a déjà produit un premier effet: les CFF ont compris qu'ils ne pouvaient indéfiniment réclamer des hausses de tarifs. Certes, les prix, surtout ceux des abonnements généraux, vont fortement augmenter en décembre. Mais c'est une décision politique, dont le peuple a été informé avant de valider le programme de financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF) en février 2014, qui est désormais répercutée sur les usagers.

Par ailleurs, les CFF ne peuvent guère espérer recevoir davantage d'argent public. Les difficiles négociations de l'enveloppe quadriennale 2017-2020 sont là pour le prouver. L'entreprise a reçu une enveloppe de 7,6 milliards, soit 15% de plus que pour la période précédente. Mais ce supplément est en premier lieu destiné à rattraper le retard pris dans l'entretien du réseau.

La décision de couper 500 postes dans les secteurs administratifs ne surprend pas les observateurs de la branche. Il se dit en effet que les CFF ont trop gonflé ce segment ces dernières années. Il leur appartient de faire en sorte que la casse soit limitée. Les syndicats demandent cependant que les étages supérieurs soient également touchés. Ils seront peut-être entendus. L'initiative «En faveur du service public», pourtant rejetée à une nette majorité en juin, a probablement laissé quelques traces. Le niveau élevé du revenu des managers des entreprises publiques, à commencer par celui d'Andreas Meyer, fait l'objet de réflexions intensives au sein du gouvernement. Celui-ci doit bientôt adopter son rapport annuel sur le salaire des cadres.

 

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