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Un robot agricole traitant des salades à Galmiz (BE), le 1er juin 2018.
© Keystone / ANTHONY ANEX

Editorial

Changer de politique agricole, maintenant

EDITORIAL. Trop cher, inefficace et ravageur pour l’environnement, le soutien de la Confédération aux paysans doit être revu. Le rapport détonant d’Avenir Suisse, comme les initiatives du 23 septembre, donne des pistes que le lobby agricole aurait tort d’ignorer

La Suisse a mal à son agriculture. Après deux décennies de calme relatif, ce débat ressurgit furieusement avec le rapport du cercle de réflexion libéral Avenir suisse publié vendredi.

Malgré des subventions annuelles de près de 4 milliards de francs, l’agriculture helvétique produit des denrées trop chères, dont la qualité ne justifie pas toujours l’énorme différentiel de prix avec nos voisins. Les paysans gagnent trop peu et le nombre d’exploitations diminue. L’usage intensif de pesticides et d’engrais, la mécanisation et le fauchage à outrance ont stérilisé les campagnes et abîmé la biodiversité.

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Ce système, verrouillé par un lobby agricole hostile au changement, profite à de grosses structures de distribution comme la Fenaco, sorte d’Etat dans l’Etat, qui compte de nombreux relais à l’UDC et dans les partis bourgeois.

Impératif stratégique

Sur tous ces points, le diagnostic d’Avenir Suisse est pertinent. Mais il y a un problème. Sa vision d’une agriculture libéralisée, aux droits de douane abaissés et aux monopoles démantelés, n’a presque aucun soutien politique.

Pour un pays comme la Suisse, le maintien d’une production alimentaire minimale permet d’assurer la survie de la population en cas de crise majeure. Une forme d’aide publique à l’agriculture s’impose donc. Reste à savoir laquelle. Sur ce plan, les initiatives soumises au vote le 23 septembre offrent des pistes d’évolution.

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Ces deux textes visent une production écologique, locale, plus respectueuse des animaux. Ils prônent une application des normes suisses aux produits importés. La mesure peut sembler radicale: elle est en fait déjà pratiquée chaque fois qu’un distributeur suisse importe des aliments dont les labels – bio, équitable ou autre – doivent être contrôlés et certifiés sur place.

Oui et non

La première initiative, «Pour des aliments équitables», est assez générale et n’impliquerait, à court terme, aucun changement drastique. Mais son adoption donnerait un signal positif. Une inflexion vers une agriculture différente du modèle productiviste subventionné, dont l’échec est aujourd’hui patent.

Il en va différemment du second texte, «Pour la souveraineté alimentaire». Si tout n’est pas à jeter dans sa vision d’une paysannerie coopérative façon Pierre Rabhi, son biais protectionniste aggraverait les problèmes qu’il prétend résoudre. Et son objectif d’augmenter le nombre d’emplois dans l’agriculture va à l’encontre des progrès accomplis dans ce secteur depuis deux siècles.

Un oui et un non le 23 septembre offriraient ainsi la meilleure combinaison pour un changement de cap. En espérant qu’après la votation, le Conseil fédéral proposera une politique agricole moins inféodée aux lobbies, plus en phase avec les aspirations des contribuables et consommateurs, qui font vivre l’agriculture suisse.

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