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Robe avec collerette/Vincenzo Pinto
© VINCENZO PINTO

Scoop toujours

Changer de sexe comme de chemise

Le pape François a relancé la polémique sur le genre, dimanche dernier, «évoquant une colonisation des esprits». Mais sommes-nous si sûrs de ce que nous sommes? Même le pape serait surpris…

Une anecdote peut être inflammable. Celle, par exemple, racontée dimanche dernier par le pape François dans l’avion qui le ramenait du Caucase à Rome. Le souverain argentin a évoqué une rencontre avec un père de famille français. Cet homme a demandé à son fils de 10 ans: «Que veux-tu faire quand tu seras grand?» L’enfant a répondu: «Etre une fille.» Sidération du père.

Du coup, le chef de l’Eglise catholique a fustigé «les manuels scolaires français qui propagent un sournois endoctrinement à la théorie du genre», «une colonisation des esprits». L’intervention de la ministre de l’Education, Nadja Vallaud-Belkacem, «regrettant la légèreté du pape cédant aux intégristes», a mis le feu aux poudres, ressuscitant la virulence des militants de la Manif pour tous. Depuis, les réseaux sociaux se font l’écho de cette interMINABLE polémique qui divise la France.

Ni fatalité, ni malédiction

Soyons justes. On peut comprendre l’effroi du père découvrant le désir de son fils: être une femme, même en 2016, n’est pas une sinécure. Je renvoie le lecteur au site d’Amnesty International pour comprendre combien les droits des femmes sont bafoués partout dans le monde, et leurs corps, violés, voilés, brûlés, excisés, mutilés, frappés, au nom de leur sexe.

Je compatis donc avec ce papa qui frémit à toutes les injustices auxquelles sa progéniture va être confrontée si son vœu était exaucé. Mais je lui suggère aussi de relativiser: si son fils veut être une fille, c’est peut-être qu’ici, la situation est moins terrible. Une bonne nouvelle, donc. Que l’on doit en partie aux études genre qui ont démontré que cette inégalité de traitement n’était pas ni une fatalité, ni une malédiction divine, mais une construction sociale et historique.

Qui est qui?

Et puis, je m’interroge: le pape, aussi sympathique soit-il, est-il vraiment le mieux placé pour faire la leçon sur le genre, et ses supposées confusions? Moi, par exemple, je connais une autre histoire, celle du papa qui demande à sa fille de 11 ans ce qu’elle veut faire quand elle sera grande. Elle répond:

– Je veux de belles robes, dont certaines faites sur mesure, des bijoux à six chiffres et une fortune telle qu’on ne peut même pas la qualifier. Je veux une maison protégée par des gardes du corps parce qu’un braquage est si vite arrivé. Je veux voyager, me faire prendre en selfie avec mes fans, créer l’émeute partout où je passe, avoir plus de followers qu’Obama et savourer le fait que tout ce que je dis, même les bourdes, sera repris en boucle.

– Ah, dit le papa, tu veux devenir Kim Kardashian?

– Non, pas du tout, je veux être pape.

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© Gabioud Simon (gam)