Quels sont ses rêves de mécène? Commençons par le plus beau, peut-être, le plus près de se réaliser. Metin Arditi est sur le point de créer un pont entre l’OSR et la Palestine. «Rien n’est encore conclu, soufflait-il hier, mais je dois rencontrer cette semaine à Paris Elias Sambar, qui représente la Palestine à l’Unesco. L’idée, c’est de favoriser l’édu­cation musicale dans cette région, à travers une fondation que nous allons créer pour l’occasion. Au départ, nous pensions offrir des instruments aux réfugiés des camps qui en émettent le ­désir, mais pour que cela ait un sens, il faut qu’ils sachent jouer. Il faut donc créer des postes ­d’enseignants et mettre sur pied des cours. C’est de cela dont nous allons parler avec Elias ­Sambar.»

L’ OSR vers le zénith

Dans un proche avenir, l’OSR pourrait aussi accueillir de jeunes talents de la région, qui viendraient enrichir leur formation à Genève. «Il est prévu que l’un de nos musiciens se rende sur place pour opérer une sélection», explique encore Metin Arditi.

Autre chantier, plus hypothétique, celui-là: la construction d’une nouvelle salle pour l’OSR. «C’est évidemment possible, souhaitable, mais difficile. Il y a des sites envisageables, comme celui de la Jonction, mais ils posent des problèmes d’occupation notamment. Si nous pouvions bâtir une salle extraordinaire, sur le modèle du Centre de congrès et de culture de Lucerne, ce serait fantastique. Son acoustique est exceptionnelle. Maintenant, il faut être pragmatique. J’aime bâtir, mais je ne confonds pas les priorités. L’OSR n’est pas à la rue. Sa priorité n’est pas de se doter d’une nef, mais de s’accomplir artistiquement. Depuis plusieurs saisons, nous sommes en expansion, pas loin de ce fameux top ten que nous nous sommes fixé comme zénith. Nous sommes à la lisière. Ce n’est pas le moment de relâcher l’effort.»

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