On pouvait lire jadis chez un chapelier de Honfleur un mot de Tristan Bernard qu’Alain Berset aurait pu adopter: «le fait d’avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n’en ont pas». Le ministre de la Santé, qui était déjà depuis des années considéré comme le conseiller fédéral bénéficiant de la plus grande influence en politique suisse, ne doit évidemment rien de sa popularité et de son autorité naturelle à son élégant feutre. Calme dans ses apparitions médiatiques, clair dans les objectifs, sobre dans le discours, pédagogue, capable d’autocritique, le ministre fribourgeois réunit, selon le président du PDC Gerhard Pfister, «les qualités d’un véritable manager de crise».