Boris Johnson a entamé sa conquête du pouvoir dès le début de l’année 2019. Figure contestée au sein de son parti, considéré comme peu fiable, hâbleur, bateleur, opportuniste, il avait quitté le gouvernement de Theresa May en juillet 2018, en désaccord avec son projet d’accord de libre-échange avec l’UE. Il avait voté à trois reprises contre le traité de retrait et complotait avec les opposants les plus déterminés à la politique gouvernementale. Libre d’afficher maintenant son ambition de devenir premier ministre, il lui fallait d’abord convaincre les députés centristes de son parti, cibles d’une véritable offensive de charme.

Relooké, amaigri, discipliné et bénéficiant des conseils de Carrie Symonds, sa nouvelle petite amie, ancienne directrice de communication du Parti conservateur, il se lança dans une série d’entretiens, d’articles de presse et de dîners en ville pour convaincre ses pairs que le Johnson nouveau était arrivé, qu’il avait une stratégie, la volonté et la capacité d’exercer le pouvoir de manière responsable et dans l’intérêt du parti.