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Cher Pascal Décaillet,Vous accepterez, je l’espère, de répondre à trois questions, posées en toute bonne foi.
© SALVATORE DI NOLFI

Du bout du lac

Cher Pascal Décaillet

La victoire de Trump vous a donné raison, bravo. Merci de bien vouloir expliquer au misérable bobo mondialiste et déconnecté que je suis pourquoi hier vaudra mieux qu’aujourd’hui

Félicitations! Le mercredi 9 novembre 2016 restera dans l’Histoire comme votre jour de gloire, et très accessoirement comme celui de la victoire de Donald Trump. Vous aviez raison: nous, les bobos-libéraux-mondialistes-élitaires-vendus-déconnectés, avons sous-estimé le président orange. Et surtout les forces qui l’ont porté là où lui-même n’imaginait pas arriver. Nous avons eu tort de nous moquer de lui, de ne pas percevoir le formidable élan de misère, de peur, de frustration, de ressentiment, de racisme, de misogynie et de haine dont il a bénéficié.

Bravo, mille fois bravo, je suis vraiment heureux de vous voir heureux, vous qui êtes d’ordinaire si remonté contre vos (pas tout à fait) semblables. Dans la solitude de votre studio de télévision, vous avez enfin démontré votre indiscutable supériorité.

Soit dit cette fois sans ironie, vous êtes indéniablement de ceux qui ont compris avant nous (avant moi, en tout cas) que les dérives de la globalisation auraient d’aussi lourdes conséquences électorales. Je ne comprendrai jamais que vous puissiez vous réjouir d’un retour de bâton qui s’annonce, partout, dangereusement brutal, mais je m’incline. Vous accepterez dès lors, je l’espère, de répondre à trois questions, posées en toute bonne foi.

1) Pourquoi les travers d’une mondialisation devenue trop violente devraient-ils nous conduire à préférer revenir au seul horizon national, que l’on sait mortifère? Autrement dit, pourquoi ne pas travailler sans relâche à l’amélioration d’un système imparfait plutôt que de jeter sans nuance le bébé avec l’eau du bain?

2) Dans le monde dont vous rêvez, débarrassé de ces «fictions» (sic) que sont les «structures politiques planétaires» (sic), comment empoigner, par exemple, le gigantesque défi climatique qui nous concerne tous? Sans le «mirage internationaliste» que vous conspuez, comment s’assurer que l’un ou l’autre des nouveaux mâles alpha de la Nation ne décidera pas, un jour, d’envahir la Pologne?

3) Quels mots trouverai-je quand viendra l’heure d’expliquer à mon fils qu’insulter (au sens propre, violent, pénal du terme) les femmes, les homosexuels, les handicapés, les musulmans, les Mexicains, les journalistes ou simplement tout contradicteur ou adversaire peut vous ouvrir tout grand les portes de la Maison-Blanche, même si ce n’est pas bien du tout?

D’avance, je vous remercie de bien vouloir éclairer ma misérable lanterne.

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