Un secret bien gardé. Parmi les nombreux poncifs utilisés par la presse musicale, celui-ci est sans équivoque: il désigne un artiste qui mériterait une plus large reconnaissance. Mais il nous est tous arrivé, une fois ou l’autre, de ne pas vouloir partager un secret, bercé par la douce illusion qu’une musique n’était faite que pour nous. Qu’il est bon, parfois, d’avoir l’impression d’être seul à connaître un secret.

J’ai découvert Peter Milton Walsh au début des années 1990. Le musicien, qui se cache derrière le nom de The Apartments, publiait alors son deuxième album, Drift, sept ans après un premier enregistrement que je découvrais simultanément. Et là, le choc: écouter la musique de l’Australien, c’est l’impression de retrouver un ami cher mais perdu de vue. On est immédiatement ému aux larmes, traversé par des émotions indicibles, heureux et mélancolique à la fois. On se demande alors comment on a pu vivre sans ses chansons, d’une délicatesse rare.