SAirGroup cherche: un Chief Executive Officer et des administrateurs pour son conseil. L'annonce d'offres d'emploi peut paraître dès aujourd'hui. Le groupe n'a plus de tête, ni de cerveaux après la démission, mercredi, de Moritz Suter et celle, 48 heures plus tard, de tous les membres du conseil d'administration à l'exception de Mario Corti. Mais, pour que l'électrochoc soit bénéfique, il faut désormais trouver un homme ou une femme providentiels pour sauver le groupe.

Le cahier des charges se présente ainsi: donner rapidement un plan de vol clair pour que SAirGroup puisse naviguer sans turbulences dans le monde impitoyable du secteur aérien. Le candidat(e) devra trouver des solutions financières pour renflouer les caisses, qui se sont vidées au fil des erreurs stratégiques de la compagnie, et redorer l'image du transporteur à croix blanche tant auprès des clients que de ses partenaires. Pour parvenir à ce tour de force, le prochain CEO devra pouvoir s'entourer d'administrateurs prêts à s'investir professionnellement pour atteindre ces objectifs ambitieux.

Il devra aussi assumer des responsabilités au-delà des frontières helvétiques. Il lui faudra trancher dans d'épineux dossiers: décider si SAirGroup conserve ou non Sabena et les compagnies françaises (AOM, Air Liberté et Air Littoral). Il devra surtout avoir un excellent sens de la négociation pour entrer dans une méga-alliance emmenée soit par Lufthansa, soit par Air France ou British Airways.

Autant le dire tout de suite, le nouveau patron du groupe n'aura pas la tâche facile. Il n'aura pas droit à l'erreur, ni en Suisse, ni en Europe. Date d'entrée en fonction immédiate. Age: entre 45 et 50 ans. Qualifications: un diplôme en finance, un solide sens des réalités; un brevet de pilote serait un plus. Salaire à convenir. Ecrire à Zurich, pour autant que la secrétaire n'ait pas encore remis sa démission.

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