En janvier 2013, l’Union européenne a désigné le Human Brain Projet (HBP) comme l’un de ses deux projets phares de recherche fondamentale. Mené par le professeur Henry Markram, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ce projet estimé à 1,2 milliard d’euros regroupera les spécialistes du continent autour de l’un des plus grands défis de la science: comprendre le cerveau humain.

Le HBP n’est qu’un exemple. Dans le domaine de la recherche et de l’innovation, l’UE et la Suisse travaillent main dans la main, et les deux parties ne cachent pas leur satisfaction. Elles sont engagées dans de multiples programmes depuis plusieurs années. La participation suisse coûte certes de la monnaie sonnante et trébuchante et est décriée par une frange isolationniste mais, pour chaque franc déboursé, nous en profitons pour au moins le double. C’est bon pour les chercheurs. C’est bon pour les écoles. C’est bon pour l’économie.

Il y a moins de dix jours, la Commission a présenté un partenariat public privé (PPP) de 22 milliards d’euros d’ici à 2020 pour améliorer la compétitivité de l’économie européenne dans les secteurs qui offrent des emplois de haute qualité. La Suisse, qui, selon l’ATS, contribue à hauteur de 1,2 milliard d’euros, participera à plusieurs projets, notamment dans les domaines de la santé et du «Clean Sky».

Mais, voilà, malgré ces bonnes nouvelles, les chercheurs suisses trépignent d’impatience parce que leur participation à deux grands programmes de recherche est à présent suspendue aux négociations politiques sur le renouvellement des bilatérales. Il s’agit avant tout d’«Horizon 2020», le 7e programme du genre, qui a obtenu mercredi le feu vert du Comité des représentants permanents des pays membres de l’UE. Il sera doté de 70 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

Nos diplomates basés à Bruxelles jouent finement et poursuivent les négociations techniques pour le renouvellement de notre participation. Celles-ci sont très avancées et pourraient même être bouclées dans une dizaine de jours, dès qu’un accord politique sera acquis.

Idem pour le programme européen de navigation par satellite Galileo, qui devrait être plus performant que le Global Positionning System (GPS) américain. En juin, un communiqué de presse fédéral passé inaperçu annonçait que les négociations sur le plan technique étaient terminées.

La participation suisse aux divers programmes européens de recherche est rarement un sujet de tiraillement entre Berne et Bruxelles. Mais, dans ces deux cas, la Suisse a voulu que le renouvellement soit lié aux négociations sur les bilatérales. Des deux côtés, les diplomates se disent prêts à retrousser leurs manches et à parvenir à un accord avant la fin de l’année.

Mais que se passera-t-il si ce n’est pas le cas? La Suisse sera-t-elle éjectée des programmes qui, justement, débutent en janvier 2014? Une nouvelle fois, il faudra trouver une astuce particulière pour s’accrocher à la locomotive européenne.

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