Tu es sur toutes les lèvres, dans tous les discours quand viennent les votations populaires. On t’invoque sur tous les tons pour gagner. On te brandit à la face des incendiaires. Tu es le nord qu’il s’agit de ne pas perdre, pour ne pas faire de bêtise. Tu es celle à qui nous devons penser avant de glisser le bulletin dans l’urne. Il faut te protéger. Sous peine de rester seuls et désarmés sur le terrain vague de l’incertitude, ton ennemie jurée.

De réformes fiscales en scrutins européens, ton panache rallie les rationnels. Pour toi, on renonce à l’odyssée solitaire, aux tentations exotiques. Parce que tu ne tiens qu’à un fil, paraît-il, et parce qu’il ne faut pas jouer avec le feu. Parce que tu es une chance infinie, mais une chance fragile. Ne pas te chérir, c’est prendre le risque de te voir disparaître, et nous renvoyer à l’âge de pierre.