#BruissementsDigitaux

Chez ces gens-là, on ne pense pas. On prie

Notre chroniqueur fouille les circonvolutions du Net politique et des politiques sur le Net

Le nombre de caractères de cette présente chronique étant limité, on passera comme chat sur braise sur les compliments d’usage. Oui, l’extrême gauche genevoise peut susciter parfois quelques sympathies aussi éphémères que ne dure le désir mou des aubes éthanolées à la sortie d’une sordide discothèque de province. Par exemple, lorsque, seule contre tous (c’est-à-dire des partis politiques absents), elle parvient en ville de Genève à persuader l’électeur qu’il lui faut protéger ses parcs du bitume.

Là, on s’amourache de cette gauche de la gauche, ce David contre Goliath, cette horde de communistes aux cheveux sales et chaussettes trouées qui se bat contre les petits pulls Zadig et les écharpes Paul Smith engoncées dans des parkas Canada Goose. Non pas que l’on se passionne pour tous ses combats, mais il faut lui reconnaître un certain courage à s’être accoutumée à la solitude. Voilà pour les cajoleries. Passons aux choses sérieuses.

Ainsi nous l’a appris la RTS cette semaine, les Transports publics genevois (TPG) ont décidé de réduire la fréquence de certaines lignes de trams et de bus, suite à la baisse des tarifs approuvée par les électeurs en mai 2014. De quoi générer une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux. A l’origine de cette votation, une initiative rédigée sur un coin de table par l’ancien conseiller d’Etat Christian Grobet et soutenue par cette flamboyante nébuleuse qu’est Ensemble à gauche.

A l’époque, lorsqu’on l’interrogeait sur les pertes financières de la régie publique estimées aux alentours des 15 millions de francs par année, la balbutiante cohorte bolcheviste, dents blanches dehors, venait nous expliquer qu’elles seraient compensées par une augmentation de la fréquentation. Une année plus tard, les nouveaux clients imaginaires de l’extrême gauche ne sont pas suffisamment nombreux pour éponger les pertes. Avec, pour conséquence, une diminution mineure des prestations, soit huit conducteurs en moins sur le réseau en moyenne chaque jour pour 1,8 million de francs d’économies par année.

Qu’importe si ces mesures sont indolores pour l’usager, l’extrême gauche préfére s’égosiller en multipliant les communiqués de presse et les actions alors qu’un peu d’intelligence l’aurait conduite à se taire. Mais que voulez-vous, période électorale oblige ou fétichisme des petits trains non traité, elle persévère dans la vocifération, les cris d’orfraie et les annonces apocalyptiques.

«Chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur. On prie.» J’aurais tant aimé qu’ils comptent.

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