Charivari

Chez Tibits, tu paies pour travailler

OPINION. Les consommations sont chères et, en plus, le client doit se lever pour aller les chercher. Le deal échappe complètement à notre chroniqueuse qui s’étonne que la clientèle lausannoise du végé zurichois se plie à cette pratique sans râler

Je ne vais pas chez Tibits. Ni chez Starbucks. Ni, à l’étranger, chez Costa. Un peu parce que ces chaînes se ressemblent toutes et que c’est angoissant. Surtout parce que je ne comprends pas l’équation «tu paies ta consommation (chère) et tu dois te lever pour aller la chercher». Pour moi qui ai grandi dans le dernier tiers du XXe siècle, le self-service, c’est le resto pratique et bon marché où tu vas sans te vanter, parce que franchement, le coup du plateau-repas, bon, bon…

J’ai toujours aimé le Buffet de la Gare lausannois. Je lui ai toujours trouvé un charme fou avec son mélange de fresques historiques bien helvétiques et ses airs de brasserie parisienne quadrillée par ses garçons francs du collier. J’adore manger de la choucroute, du boudin et des abats. Au Buffet, je trouvais tout cela et j’étais en joie.


Deux posts de blogs du Temps.ch:


Mais voilà, après toutes les tribulations que l’on sait, Tibits s’est installé dans les murs du vénérable établissement et comme je ne suis pas mauvaise joueuse, j’ai proposé à mon amoureux un apéro au végé zurichois.

Déjà, je n’ai pas franchi la porte qu’une jeune hôtesse me saute dessus pour me placer. Elle est charmante, mais cet accueil archi-souriant et empressé fait un peu «little sister is watching you». Quand j'entre dans un café, j’aime bien me poser à une table, tranquille, sans sonner le rassemblement. Là, c’est raté. D’autant que, vu la saturation des lieux ce jour-là, la jeune femme a dû héler sa collègue du fond pour que cette hôtesse bis m’escorte dans la partie alcôve du restaurant.

Crispation…

Je respire, m’assieds et m’apprête à commander deux boissons, quand, toujours parfaitement souriante, l’hôtesse bis me dit: «Ah non, vous laissez votre veste sur le siège pour réserver votre place et vous allez chercher votre boisson au bar.» Boisson qui, comme vous l’imaginez, n’est pas moins chère que dans un autre bistro, au contraire. Le verre de vin blanc revient, au minimum, à 6,50 francs et le café à 4,30 francs. Je me crispe, mais je m’exécute. Manque de bol pour Tibits, la dame du bar se trompe de touche et facture mon déci et mon café 15 francs. Voilà, voilà…

Pas question…

Je passe sur l’erreur qui est humaine. Ce qui l’est moins, c’est l’équation citée au début. Je paie (cher) pour faire le boulot moi-même. Non, pas question. Je retournerai chez Tibits boire un apéro ou manger un plat végétarien lorsque l’établissement aura remplacé ses Barbies placeuses par des serveurs, serveuses agiles et un brin insolents.


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