Et si la Chine était le vrai champion des droits de l’homme? C’est ce qu’affirment Pékin et ses alliés au Conseil des droits de l’homme qui se tient à Genève. Le raisonnement est le suivant: premièrement, le gouvernement chinois protège mieux que quiconque sa population du covid avec deux fois moins de morts que la Suisse par exemple alors que sa population avoisine le 1,4 milliard d’individus. Qui dit mieux? Le droit à la santé n’est-il pas en tête de liste des droits humains? D’autre part, la Chine a éradiqué la pauvreté. Cela a été décrété officiellement fin février, plus aucun comté rural de Chine n’est considéré comme pauvre. N’est-ce pas le premier des droits de l’homme que s’extraire de la misère?

Le premier argument est douteux. Certes, la Chine a limité le nombre de victimes du covid, mais à quel prix pour sa population? Que sait-on des chiffres exacts de la pandémie sur son territoire? Et rappelons-nous que, selon un scénario qui reste privilégié par les spécialistes, le virus est non seulement apparu en Chine mais il a pu se propager sans entrave dans un premier temps en raison de la censure imposée par le pouvoir sur l’information. En réalité, la responsabilité du système chinois dans cette crise sanitaire mondiale est en question.