La stratégie zéro covid coûte cher à la Chine. Le strict confinement de Shanghai et d’une quarantaine de villes depuis le début du mois d’avril compromet non seulement l’économie de l’Empire du Milieu mais aussi celle du reste du monde.

Si au premier trimestre 2022 le taux de croissance du PIB s’élève à 4,8% selon les chiffres officiels publiés lundi par Pékin, on peut parier que le ralentissement se poursuivra sur la période d’avril à juin. Pour l’ensemble de l’année, les prévisionnistes anticipent une croissance de 4,2%, voire moins. Mais cette estimation se révélera caduque si la pandémie n’est pas maîtrisée ces prochains mois ou si la guerre en Ukraine devait durer ou s’étendre à d’autres pays.

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Si ce taux de 4,8% ferait saliver n’importe quelle économie occidentale, il est largement insuffisant pour celle, émergente, de la Chine. Trop faible pour absorber les 10,7 millions de jeunes diplômés universitaires qui s’apprêtent à rejoindre le marché du travail. En fait, la mise à l’arrêt de certains pans de l’économie met en danger toute la conjoncture. A la clé: une chute de confiance des consommateurs et des investisseurs. Et, in fine, un abaissement du niveau de vie dans ce pays qui rêve de grandeur.

Ce scénario du pire ne doit réjouir personne, ni aux Etats-Unis ni dans l’Union européenne, où l’on considère officiellement Pékin comme un «adversaire stratégique». Selon un vieil adage, si la Chine éternue, c’est toute la planète qui s’enrhume. Et il n’est pas sûr que les remèdes annoncés mardi suffisent à soigner le patient.

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Les conséquences d’un ralentissement chinois seront globales. Depuis plus d’une décennie, le géant asiatique est le moteur de l’économie mondiale. Il nous a permis de contenir les prix, représente un relais de croissance pour nos multinationales et constitue un maillon essentiel dans les chaînes de valeurs internationales. Après le coronavirus qui a mis la planète en état d’urgence en 2020 et 2021 et cette guerre dont les conséquences n’ont pas fini de se déployer, le monde se passerait bien d’un nouveau choc.

Ce n’est pas le faible découplage s’opérant entre la Chine et les pays occidentaux qui agira comme amortisseur. Contrairement à des idées reçues, l’intégration du géant asiatique dans l’économie mondiale a plutôt été un vecteur de prospérité. Ce ne sont pas les nombreuses entreprises suisses qui y exportent qui diront le contraire.

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