Il y a quelque chose de pourri dans les berceaux de la démocratie. La farce tragique de quatre ans qui a pris fin dans le fracas au Capitole de Washington la semaine dernière n’est pas le seul indice de dysfonctionnement. Un peu partout en Occident, les nationaux-populistes sont plus ou moins à l’affût de la gueuse, avec un goût modéré pour l’ordre libéral. Et un peu partout, le débat se dégrade en pugilat par la grâce de Facebook & Co, les faux-semblants, les chausse-trapes et le marquage à la culotte remplaçant le combat d’idées.

Devant ce triste spectacle, les régimes autoritaires se gaussent des patinages démocratiques. Après le coup du Capitole, les commentaires les plus cruels, faussement détachés, sont venus de Pékin. La Chine souhaite paternellement un rétablissement de l’ordre aux Etats-Unis. Ou alors, dans un sarcasme, elle insinue que l’assaut du Congrès était une «belle chose à voir»: les mots que Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, avait employés quand les militants de la démocratie tentaient il y a deux ans de pénétrer dans le bâtiment du Conseil législatif à Hongkong.