Et si les Pékinois avaient pu voter en mai 1989, qu’auraient-ils dit? Et si tous les Chinois avaient pu se rendre aux urnes cette année-là, qui auraient-ils soutenu? Ces interrogations semblent stupides dans un pays qui n’a jamais connu de vote démocratique depuis l’instauration du régime communiste, il y a septante ans. Elles l’étaient. Jusqu’à dimanche dernier. Jusqu’au jour où les Chinois de Hongkong ont massivement fait entendre leur voix, avec un résultat on ne peut plus clair: dans un vote libre, trois quarts de la population a désavoué ses autorités, locales et celles de Pékin, pour donner raison aux manifestants.